Notes de lecture

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Agatha Christie. Le droit apprivoisé de Nicolas Bareït

juin 2021

Ce petit ouvrage se lit presque comme un roman policier. Nicolas Bareït y traque toutes les références, parfois très fines ou implicites, au droit dans les enquêtes d’Agatha Christie. La créatrice des personnages d’Hercule Poirot et de Miss Marple était pourtant persuadée de ne rien connaître à « la matière juridique » et témoignait de ses doutes à travers ses personnages fétiches : « La justice est une chose très étrange », dit Hercule Poirot dans Le Crime de l’Orient-Express. La soixantaine de romans, vendus à ce jour à deux milliards et demi d’exemplaires, a démontré le contraire.

Nicolas Bareït consacre un chapitre passionnant au « théâtre procédural ». Il est justifié par le fait que la « duchesse de la mort1 » « a parfaitement saisi la dimension spectaculaire de la procédure pénale » et que certaines de ses pièces ont été adaptées sur scène, en particulier Témoins à charge, où « la scène de théâtre devient salle d’audience, la scène d’audience salle de théâtre ». Tout en insufflant parfois sans doute ses interrogations personnelles sur l’incohérence de certaines procédures – en matière pénale – ou les potentialités de certains actes – testamentaires en particulier –, Agatha Christie a également réussi à mettre en perspective ses réflexions avec l’évolution de la société britannique. Ce fut parfoi

Lecture réservée aux abonnés : L'indépendance d'Esprit, c'est grâce à vous !
Classiques Garnier, 2020
150 p. 22 €

Emmanuelle Saulnier-Cassia

Professeure de droit public à l’université de Versailles-Saint-Quentin-Paris-Saclay, agrégée des Facultés de droit, diplômée en sciences politiques, Emmanuelle Saulnier-Cassia est spécialiste de droit de l’Union européenne. Elle est par ailleurs titulaire d'un Master 2 d'études théâtrales (spécialité Théâtre, écriture et représentations) de l'université Paris 3-Sorbonne nouvelle. Alliant ces deux…

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Les enquêtes de santé publique font état d’une épidémie de fatigue dans le contexte de la crise sanitaire. La santé mentale constitue-t-elle une « troisième vague  » ou bien est-elle une nouvelle donne sociale ? L’hypothèse suivie dans ce dossier, coordonné par Jonathan Chalier et Alain Ehrenberg, est que la santé mentale est notre attitude collective à l’égard de la contingence, dans des sociétés où l’autonomie est devenue la condition commune. L’épidémie ne provoque pas tant notre fatigue qu’elle l’accentue. Cette dernière vient en retour révéler la société dans laquelle nous vivons – et celle dans laquelle nous souhaiterions vivre. À lire aussi dans ce numéro : archives et politique du secret, la laïcité vue de Londres, l’impossible décentralisation, Michel Leiris ou la bifurcation et Marc Ferro, un historien libre.