Notes de lecture

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Après la production de Franck Fischbach

octobre 2020

L’homme est-il coupable de l’épuisement de la nature ? À cette question, à laquelle beaucoup répondent par l’affirmative avec le concept d’« anthropocène », Franck Fischbach préfère nuancer : le coupable, c’est le paradigme de la production capitaliste. Annonçant, à la manière de Nietzsche, la mort de la production, il en fait le procès pour défendre d’autres manières d’être au monde à travers le travail, en s’appuyant sur la lecture de Marx, de Heidegger et d’Adorno.

Deux compréhensions du travail selon Marx doivent d’abord être distinguées. Le travail est, d’une part, le processus continuel et nécessaire par lequel les hommes métabolisent la nature pour ne pas mourir et élaborent leur monde objectif. Ils y fixent librement leurs finalités et leur rapport à la terre est organique. Mais, dans le cadre de la production capitaliste, le travail devient, d’autre part, une propriété détachée de l’individu, qu’il peut vendre pour entrer sur le marché et se mettre à la disposition du capital. La valeur et les fins du travail, sa « productivité », sont fixées par le capitaliste : c’est le sens de l’aliénation du travail, qui renverse le

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Vrin, 2019
192 p. 12 €

Margot Holvoet

Diplômée de Sciences Po Paris en affaires publiques, de Paris I Panthéon-Sorbonne et de l’ENS-Ulm en philosophie, Margot Holvoet a un temps travaillé dans l’édition, en parallèle de plusieurs responsabilités associatives. Elle s’est spécialisée dans l’analyse des questions environnementales.

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La crise sanitaire provoquée par l’épidémie de Covid-19 donne de la vigueur aux critiques de la démocratie. Alors que certains déplorent l’inertie de la loi et que d’autres remettent en cause les revendications sociales, le dossier, coordonné par Michaël Fœssel, répond en défendant la coopération, la confiance et la délibération collective. À lire aussi dans ce numéro : les régimes d’historicité, le dernier respirateur, le populisme américain et l’œuvre de Patrick Modiano.