Notes de lecture

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Après le monde d'Antoinette Rychner

juil./août 2020

En lisant ce roman politique et didactique, on se prend à rêver de lenteur, de potager, de sororité. Il y a une vie après l’effondrement, et par moments, une belle vie.

Il y a des œuvres-béliers : elles ouvrent nos consciences rétives à des vérités que nous n’avions encore que confusément envisagées. Parions que le roman d’Antoinette Rychner sera de celles-ci, rendant populaires les idées des collapsologues : le dérèglement climatique va mettre un terme rapide et définitif à notre civilisation thermo-industrielle ; loin de nous replier sur la violence et la peur, il faut nous saisir de cet effondrement pour tout réinventer. Cet effondrement n’est plus aujourd’hui un scénario marginal échafaudé par Steph le décroissant, mais un ravin inévitable dans lequel notre monde lancé à toute allure est en train de basculer. Rychner le met en scène dans sa Suisse natale et le situe en 2022. Au vu du printemps que nous venons de passer, on peut se demander si ce roman n’est pas simplement prémonitoire.

À l’occasion d’un ouragan dans la baie de San Francisco le 5 novembre 2022 – mais cela pourrait être une épidémie en mars 2020 –, notre monde fondé sur des montages financiers s’écroule comme un château de cartes. L’explication du processus d’effondrement, un jeu de dominos lancé par la faillite de compagnies d’assurances, est convaincante car e

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Buchet/Chastel, 2020
288 p. 18 €

Frédérique Zahnd

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Ce dossier coordonné par Jean Godefroy Bidima et Antoine Garapon fait entendre les voix multiples de l’Afrique. Depuis leur perspective propre, ces voix africaines débordent la question postcoloniale et invitent au dialogue ; elles participent à la construction d'une commune humanité autour d’un projet de respect de la vie. À lire aussi dans ce numéro double : la participation dans le travail social, les analogies historiques de la pandémie, les gestes barrières face aux catastrophes écologiques, l’antiracisme aux États-Unis et l’esprit européen de Stefan Zweig.