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Notes de lecture

Dans le même numéro

Comment sont morts les politiques ? d’Arnaud Benedetti

Le grand malaise du pouvoir

janv./févr. 2022

Charles Péguy déplorait, il y a plus d’un siècle, que toute mystique se dégradait en politique. C’est au tour de celle-ci de s’effacer au profit du marketing, où les chiffres remplacent les sentiments et les passions. François Mitterrand ne disait-il pas qu’il serait le dernier président, remplacé par des financiers et des comptables ? De fait, comme l’écrit Arnaud Benedetti, l’opinion, objet sécularisé parce qu’objet de science souvent approximative, se substitue à la figure aussi mystérieuse que démiurgique du peuple. Si l’opinion est la figure dédramatisée du peuple, sans doute est-ce parce qu’elle est saisissable par des études. Aussi, faute de sacré, de hauteur et de distance, la politique est désormais impuissante et déclassée. Pourquoi assistons-nous à son dépérissement ? C’est en mémorialiste et en observateur qu’Arnaud Benedetti, rédacteur en chef de La Revue politique et parlementaire et professeur associé en histoire de la communication à la Sorbonne, éclaire l’étrange défaite des politiques et s’interroge sur la fragilité de la démocratie.

Par « mort » du politique, l’auteur entend d’abord la lente agonie des États-nations dans leur acception démocratique et libérale, plus particulièrement en France. Déploration et nostalgie ? L’auteur s’en défend. La souveraineté s’est étiolée, notamment depuis le traité de Lisbonne, qui a trahi la volonté des Français telle qu’elle s’est exprimée par référendum en 2005. Plusieurs autres paramètres expliquent c

Lecture réservée aux abonnés : L'indépendance d'Esprit, c'est grâce à vous !
Éditions du Cerf, 2021
182 p. 18 €

Eugène Berg

Eugène Berg, né le 23 septembre 1945, est un essayiste et diplomate français. Spécialiste de la Russie et du Pacifique, il a notamment publié Non-alignement et nouvel ordre mondial (1980).

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Comment écrire l’histoire des marges ? Cette question traverse l’œuvre de Michel de Certeau, dans sa dimension théorique, mais aussi pratique : Certeau ne s’installe en effet dans aucune discipline, et aborde chaque domaine en transfuge, tandis que son principal objet d’étude est la façon dont un désir fait face à l’institution. À un moment où, tant historiquement que politiquement, la politique des marges semble avoir été effacée par le capitalisme mondialisé, l’essor des géants du numérique et toutes les formes de contrôle qui en résultent, il est particulièrement intéressant de se demander où sont passées les marges, comment les penser, et en quel sens leur expérience est encore possible. Ce dossier, coordonné par Guillaume Le Blanc, propose d’aborder ces questions en parcourant l’œuvre de Michel de Certeau, afin de faire voir les vertus créatrices et critiques que recèlent les marges. À lire aussi dans ce numéro : La société française s’est-elle droitisée ?, les partis-mouvements, le populisme chrétien, l’internement des Ouïghours, le pacte de Glasgow, et un tombeau pour Proust.