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Notes de lecture

Dans le même numéro

D’ici et d’ailleurs. Histoires globales de la France contemporaine Sous la dir. de Quentin Deluermoz

mai 2022

À une époque où les études historiques semblent passées de mode, boudées par des générations fâchées avec leur exigence1, n’existe-t-il pas un risque d’éparpillement du savoir qui vise à la transmission et à l’édification collective, si on place le lecteur dans un cadre d’une trop grande complexité – et ce, même si cette complexité résulte d’un idéal de restitution au plus exact, c’est-à-dire au plus conscient des réalités constitutives du passé ? C’est le défi que se propose de soutenir un ouvrage de seize historiens qui se prêtent aux idées du moment en valorisant des approches transnationales, connectées et globales. On s’interrogera donc sur une si grande exigence qui, pour satisfaire à la vérité historique, se couperait d’un public. N’y aurait-il pas en effet nécessité à harmoniser les exigences d’objectifs parfaitement fondés et la raideur formelle d’un principe méthodologique qui, après examen, paraît plus éclaté, voire abstrait, qu’il ne l’admet, quand il ne touche pas à un certain relativisme, du fait même du caractère partiel des sujets abordés, si on les met en perspective avec les attendus qui les sélectionnent. À ce caractère parcellaire, parfaitement assumé, du projet s’ajoute le risque d’une étude en forme d’« inextricable dédale » sur les origines de notre époque contemporaine. Les auteurs prennent garde d’ailleurs d’afficher un pluriel pour surmonter la difficulté : ce se

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La Découverte, 2021
344 p. 23 €

Édouard Galby-Marinetti

Écrivain et psychanalyste, ancien enseignant à l’université Montpellier III, spécialiste des questions d’art et d’histoire dans la littérature moderne.

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Patrimoines contestés

Depuis la vague de déboulonnage des statues qui a suivi l’assassinat de George Floyd, en mai 2020, la mémoire et le patrimoine sont redevenus, de manière toujours plus évidente, des terrains de contestation politique. Inscrire ces appropriations de l’espace urbain dans un contexte élargi permet d’en comprendre plus précisément la portée : des manifestations moins médiatisées, comme l’arrachement de la statue d’un empereur éthiopien en Grande-Bretagne, ou touchant à des strates d’histoire inattendues, comme la gestion de la statuaire soviétique, participent d’une même volonté de contester un ordre en dégradant ses symboles. Alors qu’une immense statue célébrant l’amitié russo-ukrainienne vient d’être démontée à Kiev, le dossier de ce numéro, coordonné par Anne Lafont, choisit de prendre au sérieux cette nouvelle forme de contestation, et montre que les rapports souvent passionnés que les sociétés entretiennent avec leur patrimoine ne sont jamais sans lien avec leur expérience du conflit. À lire aussi dans ce numéro : l’histoire, oubli de l’inconscient ?, le prix de l’ordre, pour une histoire européenne, les femmes dans l’Église, les réfugiés d’Ukraine et nos mélancolies secrètes.