Notes de lecture

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Délibérer entre égaux. Enquête sur l’idéal démocratique de Charles Girard

avril 2021

Dans cet ouvrage impressionnant par l’ampleur des enjeux soulevés, sa nuance, sa clarté et la solidité de ses démonstrations, Charles Girard défend l’idéal démocratique d’autogouvernement du peuple (gouvernement du peuple, pour le peuple, par le peuple, selon les termes de Lincoln dans son fameux discours de Gettysburg), notamment contre Schumpeter, pour qui le peuple n’est pas assez rationnel pour se gouverner.

Une conception délibérative de la démocratie doit permettre de fonder en rationalité ses procédures. Elle permet une autonomie politique, conçue à la façon de Rousseau ou Castoriadis : la capacité pour chacun d’avoir une influence la plus égale possible sur les normes qui conditionnent son existence. Encore faut-il savoir pourquoi cette autonomie politique est désirable, et ce qu’elle permet de choisir. Mais quel critère permettra-t-il de l’évaluer ? Comment définir le bien commun ? La démocratie doit permettre la satisfaction la plus égale et impartiale possible des différents intérêts individuels, dans l’idée de la conservation des seules inégalités favorables à l’intérêt des plus défavorisés.

La délibération ne nous expose-t-elle pas à des processus de prises de décision interminables ? À la différence de la palabre, la délibération relève plutôt de la formation d’une volonté collective qui devra s’exprimer ensuite par le vote majoritaire. Et à la différence d’une communication ordinaire, la délibération consiste, à propos d’un problème collectif d

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Vrin, 2019
384 p. 28 €

Xenophon Tenezakis

Professeur agrégé en philosophie, Xenophon, Tenezakis est doctorant en philosophie politique à l'Université Paris Est Créteil.

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Les difficultés rencontrées pendant la gestion de l’épidémie de Covid-19 ont remis en lumière le rapport paradoxal que la France entretient avec son État. Parce qu’il est censé décider de tout, il est le recours vers lequel tous se tournent en situation de crise, en même temps qu’il concentre l’essentiel des critiques. Au-delà de la crise sanitaire, la question d’un juste partage des responsabilités entre l’État et d’autres acteurs - les collectivités territoriales, les citoyens, les syndicats ou les entreprises- pour construire un horizon d’action commun se pose. Alors même que la pandémie marque le retour en grâce de l’action publique, comment changer concrètement la figure de l’État pour apaiser sa relation avec la société et lui permettre de répondre aux aspirations contemporaines en matière d’écologie et de justice sociale ? C’est à cette question que s’attache ce dossier, coordonné par Lucile Schmid.