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Notes de lecture

Dans le même numéro

Fenêtre sur l’Iran. Le cri d’un peuple bâillonné de Mahnaz Shirali

octobre 2021

Le dernier livre de Mahnaz Shirali, Fenêtre sur l’Iran, s’inscrit dans le sillage de son premier livre, La Jeunesse iranienne : une génération en crise, publié il y a tout juste vingt ans. Après avoir analysé l’islam en France dans Entre islam et démocratie (2007), et l’histoire du xxe siècle iranien dans La Malédiction du religieux (2012), la sociologue exilée revient sur les jeunes d’Iran et prend la mesure du passage du temps et des générations. Elle renouvelle notre regard sur le pays « voilé » et ceux et celles qui ont vieilli, sans pouvoir vivre les temps insouciants de l’enfance.

Vingt ans après, l’enquête s’adapte au monde qu’elle étudie et aux conditions historico-technologiques de son objet. Dans ce pays où les chercheurs et les journalistes sont en prison, il n’y a pas d’autres moyens pour mener une recherche sociologique que d’ausculter les vibrations d’Internet. Mahnaz Shirali le fait avec virtuosité, et, en véritable épeire de la toile numérique, dresse un portrait de la société d’aujourd’hui, sans qu’un mouvement ni une onde ne lui échappent. Avec son style simple et rigoureux, elle décrit un peuple dépourvu de liberté et en mal de vivre : « Depuis quarante ans, les intérêts nationaux ont été tellement sacrifiés sur l’autel des ambitions expansionnistes des ayatollahs que les Iraniens sont nombreux à considérer que leur pays est sous occupation ». Mais sur le fond n

Lecture réservée aux abonnés : L'indépendance d'Esprit, c'est grâce à vous !
Les Pérégrines, 2021
300 p. 20 €

François Ardeven

Psychanalyste, président de la commission culture du Centre Medem-Arbeter Ring, il est notamment l'auteur de Pour un Midrash laïc (éditions Imago, 2021).

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La publication du rapport Duclert a réouvert le débat sur les responsabilités du gouvernement, de la diplomatie et de l’armée françaises dans le génocide des Tutsi au Rwanda. À partir d’une lecture de ce rapport, le présent dossier propose de réfléchir à ce que nous avons appris, dans les vingt-cinq ans qui nous séparent des faits, sur l’implication de la France au Rwanda. Quelles leçons peut-on tirer des événements, mais aussi de la difficulté, dans les années qui ont suivi, à s’accorder sur les faits et à faire reconnaitre la vérité historique ? Quels constats cette histoire invite-t-elle sur le partage des responsabilités entre autorités politiques et militaires, sur les difficultés inhérentes aux opérations extérieures, notamment en Afrique, et enfin sur le bilan de ces interventions, au moment où la France choisit de réduire sa présence au Sahel ? Au-delà du seul cas français, l’échec de la communauté internationale à prévenir le génocide rwandais invite en effet à repenser le cadre des interventions armées sur les théâtres de conflits et de guerres. À lire aussi dans ce numéro : l’avenir de l’Afghanistan, djihadisme et démocratie, gouverner le trottoir, à qui profite le crime ?, le retour à Rome d’Hédi Kaddour et le carnaval Belmondo.