Do not follow this hidden link or you will be blocked from this website !

Notes de lecture

Dans le même numéro

Henry de Castries (1850-1927) de Daniel Rivet

Du faubourg Saint-Germain au Maroc, un aristocrate islamophile en République

janv./févr. 2022

Officier disgracié par ses supérieurs alors qu’il estime n’avoir pas démérité, politicien désavoué par les siens alors qu’il pense avoir toujours porté leur voix, savant ignoré de ses pairs alors qu’il se veut supérieur à nombre d’entre eux… Pour quelles raisons Daniel Rivet, historien renommé du Maghreb colonial et postcolonial, a-t-il décidé de consacrer une biographie à un aristocrate dont « aucune rue, aucune garnison, aucune promotion de Saint-Cyr ne porte le nom en effigie » ? La réponse apparaît progressivement, au fil des historias mínimas qui composent les pages de cet ouvrage, les histoires des hommes et des femmes singuliers de leur temps, des cercles à la fois solidement établis et insaisissables de la IIIe République et de l’empire colonial français, des institutions du terroir, anciennes et nouvelles, et des ministères régaliens de la capitale, des affaires de petits ou de gros sous, mais aussi de cœur… Servant, au mieux, de « second couteau » auprès des grands comme le futur maréchal Hubert Lyautey (1854-1934), premier résident général du protectorat du Maroc, « Monsieur le comte de Castries » ou « Monsieur de Castries », selon ses interlocuteurs, se voit en effet propulsé au gré des événements qui marquent la IIIe République et ses cercles politiques, militaires et scientifiques, et ce théâtre de compétitions féroces entre hommes, lectures ethnographiques, perceptions de l’altérité, projecti

Lecture réservée aux abonnés : L'indépendance d'Esprit, c'est grâce à vous !
IISMM-Karthala, 2021
240 p. 23 €

Hamit Bozarslan

Directeur d'études à l'Ehess, il est notamment l’auteur de l'Histoire de la Turquie de l'Empire à nos jours (Tallandier, 2015) et de Révolution et état de violence. Moyen-Orient 2011-2015 (Cnrs, 2015). Il est membre du Conseil de rédaction d'Esprit. 

Dans le même numéro

Comment écrire l’histoire des marges ? Cette question traverse l’œuvre de Michel de Certeau, dans sa dimension théorique, mais aussi pratique : Certeau ne s’installe en effet dans aucune discipline, et aborde chaque domaine en transfuge, tandis que son principal objet d’étude est la façon dont un désir fait face à l’institution. À un moment où, tant historiquement que politiquement, la politique des marges semble avoir été effacée par le capitalisme mondialisé, l’essor des géants du numérique et toutes les formes de contrôle qui en résultent, il est particulièrement intéressant de se demander où sont passées les marges, comment les penser, et en quel sens leur expérience est encore possible. Ce dossier, coordonné par Guillaume Le Blanc, propose d’aborder ces questions en parcourant l’œuvre de Michel de Certeau, afin de faire voir les vertus créatrices et critiques que recèlent les marges. À lire aussi dans ce numéro : La société française s’est-elle droitisée ?, les partis-mouvements, le populisme chrétien, l’internement des Ouïghours, le pacte de Glasgow, et un tombeau pour Proust.