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Notes de lecture

Dans le même numéro

L’altération des mondes de David Lapoujade

Versions de Philip K. Dick

janv./févr. 2022

Si le délire est tout à fait essentiel dans l’œuvre de Dick, c’est parce qu’il constitue la véritable force motrice de sa narration. Tout y est pris dans un délire général.

Le dernier livre de David Lapoujade présente une lecture philosophique de l’œuvre narrative de l’écrivain américain Philip K. Dick, centrée sur la notion de monde. La création de mondes est le thème central de la littérature de science-fiction, qui « pense par mondes ». En ce sens, elle peut être reliée à une tradition philosophique qui remonte au moins à Leibniz et à Fontenelle et arrive jusqu’aux réflexions contemporaines de Saul Kripke et de David Lewis. L’Altération des mondes s’insère dans le prolongement des dernières monographies de David Lapoujade, Deleuze, les mouvements aberrants (Éditions de Minuit, 2014) et Les Existences moindres (Éditions de Minuit, 2017). Dans la première, où il dresse une analyse ponctuelle des notions deleuziennes de Terre et d’incompossibilité, et dans la seconde, avec sa rigoureuse enquête sur les différents plans d’existence chez le philosophe « mineur » Étienne Souriau, la question du monde est en effet centrale.

En matière de création de mondes, Dick a été un écrivain extraordinaire : ses romans et ses récits représentent des chefs-d’œuvre inégalés. Il a été capable d’inventer des univers bouleversant les « catégories classiques qui organisent la réalité ». La narration se situe au-delà de la causalité, du principe d’identité, de la séparation rigide entre la veille et le sommeil, le normal et le pathologique, la vie et la mort. Souvent, la science-fiction se contente d’inst

Lecture réservée aux abonnés : L'indépendance d'Esprit, c'est grâce à vous !
Éditions de Minuit, 2021
160 p. 16 €

Claudio D’Aurizio

Ttitulaire d'un doctorat de philosophie préparé en collaboration avec l'Université de Calabre et l'Université de Reims Champagne-Ardennes, Claudio D'Aurizio est l'auteur de plusieurs articles sur la pensée française contemporaine. Il a récemment traduit et édité l'édition italienne de Deleuze. Les mouvements aberrants de David Lapoujade (Mimesis, 2020).…

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L’amour des marges. Autour de Michel de Certeau

Comment écrire l’histoire des marges ? Cette question traverse l’œuvre de Michel de Certeau, dans sa dimension théorique, mais aussi pratique : Certeau ne s’installe en effet dans aucune discipline, et aborde chaque domaine en transfuge, tandis que son principal objet d’étude est la façon dont un désir fait face à l’institution. À un moment où, tant historiquement que politiquement, la politique des marges semble avoir été effacée par le capitalisme mondialisé, l’essor des géants du numérique et toutes les formes de contrôle qui en résultent, il est particulièrement intéressant de se demander où sont passées les marges, comment les penser, et en quel sens leur expérience est encore possible. Ce dossier, coordonné par Guillaume Le Blanc, propose d’aborder ces questions en parcourant l’œuvre de Michel de Certeau, afin de faire voir les vertus créatrices et critiques que recèlent les marges. À lire aussi dans ce numéro : La société française s’est-elle droitisée ?, les partis-mouvements, le populisme chrétien, l’internement des Ouïghours, le pacte de Glasgow, et un tombeau pour Proust.