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Notes de lecture

Dans le même numéro

L’ambivalence politique de l’islam. Pasteur ou Léviathan ? d'Anoush Ganjipour

octobre 2021

L’ouvrage traite de la spécificité théologico-politique de l’islam. Or cette religion est aujourd’hui l’objet de nombreux discours dont l’inflation correspond notamment à l’incapacité, apparente ou avérée, des instruments modernes à gouverner l’expression de ce phénomène. C’est tout particulièrement le cas en France. Rémi Brague avait déjà souligné à quel point la laïcité, comme moyen d’action de l’État, avait été conçue et rendue possible en vertu d’un certain rapport préexistant de la communauté politique aux Églises chrétiennes, et qu’il était donc malaisé d’en faire un instrument applicable aux « religions », comme si celles-ci représentaient, face à l’État neutre, indépendamment de leur contenu, un ensemble d’opinions de même type, à disposition de l’individu libre de choisir ses croyances1. L’espoir, certes louable, qui gouverne cette interprétation typiquement moderne du fait religieux à l’aune du seul sujet repose en définitive sur l’occultation du problème théologico-politique.

Pour le résumer de manière sommaire, l’État libéral devait, dans le cas du christianisme, se doter des instruments susceptibles de gouverner une religion dont il était familier. Ces instruments pouvaient être à la fois efficaces et neutres parce que l’État n’avait pour ainsi dire pas besoin de distinguer des autres cette religion dont il était familier et dont il voulait seulement se séparer. Comme le précise Pierre

Lecture réservée aux abonnés : L'indépendance d'Esprit, c'est grâce à vous !
Seuil, 2021
392 p. 24 €

Alexis Carré

Docteur en philosophie (PSL/ENS), il travaille sur les mutations des rapports de l'ordre libéral à la violence et à l'expérience de la guerre, en particulier chez Raymond Aron et Leo Strauss. 

Dans le même numéro

La publication du rapport Duclert a réouvert le débat sur les responsabilités du gouvernement, de la diplomatie et de l’armée françaises dans le génocide des Tutsi au Rwanda. À partir d’une lecture de ce rapport, le présent dossier propose de réfléchir à ce que nous avons appris, dans les vingt-cinq ans qui nous séparent des faits, sur l’implication de la France au Rwanda. Quelles leçons peut-on tirer des événements, mais aussi de la difficulté, dans les années qui ont suivi, à s’accorder sur les faits et à faire reconnaitre la vérité historique ? Quels constats cette histoire invite-t-elle sur le partage des responsabilités entre autorités politiques et militaires, sur les difficultés inhérentes aux opérations extérieures, notamment en Afrique, et enfin sur le bilan de ces interventions, au moment où la France choisit de réduire sa présence au Sahel ? Au-delà du seul cas français, l’échec de la communauté internationale à prévenir le génocide rwandais invite en effet à repenser le cadre des interventions armées sur les théâtres de conflits et de guerres. À lire aussi dans ce numéro : l’avenir de l’Afghanistan, djihadisme et démocratie, gouverner le trottoir, à qui profite le crime ?, le retour à Rome d’Hédi Kaddour et le carnaval Belmondo.