Notes de lecture

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L’Amérique verte. Portraits d’amoureux de la nature de Thierry Paquot

juil./août 2021

Vu de l’étranger, et peut-être en particulier de France, il est tentant de penser les États-Unis comme un monolithe, une entité unique qui représente tantôt un espoir, tantôt une menace. L’atmosphère politique actuelle contribue à renforcer cette perception, que l’on célèbre ou que l’on déplore l’influence de ce pays sur le nôtre. Dans le domaine de l’environnement, le pays de l’oncle Sam est apparu, en particulier sous le mandat de Donald Trump, comme un contre-modèle absolu ; l’attitude de déni complet du changement climatique promue par le président et son gouvernement ont défait nombre de mesures et de garde-fous qui avaient été mis en place sous les mandatures précédentes. Cependant, l’inévitable Trump a aussi masqué des initiatives nombreuses, issues d’États comme la Californie, de villes comme Portland dans l’Oregon ou de mouvements sociaux comme Sunrise, promoteur d’un ambitieux Green New Deal.

L’ouvrage de Thierry Paquot veut redonner une visibilité à cette « Amérique verte » et à certains de ses fondateurs et fondatrices, qui ont légué au pays, comme il le dit en reprenant une belle expression de René Char, « un héritage sans testament » : Ralph Waldo Emerson, Henry David Thoreau, Margaret Fuller, Andrew Jackson Downing, Frederick Law Olmsted, John Muir, Patrick Geddes, Lewis Mumford et quelques autres. Si les deux premiers sont aujourd’hui assez bien connus en France, notamment grâce à des travaux de recherche récents

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Terre urbaine, 2020
243 p. 20 €

Alice Béja

Maîtresse de conférences à Sciences Po Lille, chercheuse au CERAPS-CNRS, Alice Béja est spécialiste de l’histoire culturelle et politique des Etats-Unis. Elle travaille sur les mouvements protestataires américains de la fin du XIXe et du premier XXe siècle ainsi que sur leurs représentations littéraires. Ancienne rédactrice en chef de la revue Esprit, elle a notamment publié Des mots pour se

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Nos attentes à l’égard de la littérature ont changé. Autant qu’une expérience esthétique, nous y cherchons aujourd’hui des ressources pour comprendre le monde contemporain, voire le transformer. En témoigne l’importance prise par les enjeux d’écologie, de féminisme ou de dénonciation des inégalités dans la littérature de ce début du XXIe siècle, qui prend des formes renouvelées : le « roman à thèse » laisse volontiers place à une littérature de témoignage ou d’enquête. Ce dossier, coordonné par Anne Dujin et Alexandre Gefen, explore cette réarticulation de la littérature avec les questions morales et politiques, qui interroge à la fois le statut de l’écrivain aujourd’hui, les frontières de la littérature, la manière dont nous en jugeons et ce que nous en attendons. Avec des textes de Felwine Sarr, Gisèle Sapiro, Jean-Claude Pinson, Alice Zeniter, François Bon.