Notes de lecture

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La critique défaite de Stathis Kouvélakis

janv./févr. 2020

L’École de Francfort et la Théorie critique sont jugées ici à travers l’évolution intellectuelle de trois de leurs représentants majeurs : Max Horkheimer, Jürgen Habermas et Axel Honneth. Ce sont aussi les figures des trois générations successives de l’École. Le jugement est sévère. Tous trois se seraient diversement mais fortement éloignés du projet initial : la critique du capitalisme et de ses effets pervers dans la société et sur la personnalité individuelle (effets qui conduisent au nazisme et au fascisme). Ils ont fini par abandonner, diversement mais nettement, et à des périodes différentes, la critique sociale marxiste et donc aussi les liens avec le mouvement ouvrier. Ils ont renoncé à «se concevoir comme l’aspect intellectuel du processus d’émancipation» et de ses contradictions. De plus, se situant à l’extérieur, ils ont, chacun selon sa pente, rejoint au fond la « Théorie traditionnelle » des critiques bourgeoises de la société. Horkheimer liquide la Théorie critique et aboutit à une théorie négative de la Raison. Le réformisme radical de Habermas laisse impensé le sens du libéralisme et « normalis

Lecture réservée aux abonnés : L'indépendance d'Esprit, c'est grâce à vous !
Éditions Amsterdam, 2019
530 p. 25 €

Jean-Louis Schlegel

Philosophe, éditeur, sociologue des religions et traducteur, Jean-Louis Schlegel est particulièrement intéressé par les recompositions du religieux, et singulièrement de l'Eglise catholique, dans la société contemporaine. Cet intérêt concerne tous les niveaux d’intelligibilité : évolution des pratiques, de la culture, des institutions, des pouvoirs et des « puissances », du rôle et de la place du…

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L'universel est à nouveau en débat : attaqué par les uns parce qu'il ne serait que le masque d'une prétention hégémonique de l'Occident, il est défendu avec la dernière intransigeance par les autres, au risque d'ignorer la pluralité des histoires et des expériences. Ce dossier, coordonné par Anne Dujin et Anne Lafont, fait le pari que les transformations de l'universel pourront fonder un consensus durable : elles témoignent en effet de l'émergence de nouvelles voix, notamment dans la création artistique et les mondes noirs, qui ne renoncent ni au particulier ni à l'universel. À lire aussi dans ce numéro : la citoyenneté européenne, les capacités d'agir à l'ère numérique, ainsi que les tourmentes laïques, religieuses, écologiques et politiques.