Notes de lecture

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La Fabrique de la radicalité. Une sociologie des jeunes djihadistes français, de Laurent Bonelli et Fabien Carrié

La radicalité djihadiste est-elle due à la force de l’idéologie islamiste et à sa diffusion, celle-ci infiltrant tel un virus l’esprit des musulmans, à un «islamo-gangsterisme», blanchiment d’activités criminelles via le langage de la religion (Gilles Kepel), ou reflète-t-elle une «révolte nihiliste» de jeunes n’ayant pas été en mesure d’hériter de la culture de leurs parents (Olivier Roy) ? Cette superposition de grilles de lecture mutuellement contradictoires du djihadisme ne contribue pas à la clarté du débat public sur la question. D’autre part, elles sont si générales qu’elles sont propices à des instrumentalisations politiques. C’est à cette négligence du particulier que tentent de remédier Laurent Bonelli et Fabien Carrié dans cet ouvrage. Ils tentent de rendre compte de cette radicalité de façon sociologique : non comme une idée s’imposant à des individus inertes ou comme un paravent cachant des mobiles criminels ou égoïstes, mais comme une ressource d’action et de valorisation pour des individus dans des contextes donnés. Ce terme de radicalité est préfér&ea

Lecture réservée aux abonnés : L'indépendance d'Esprit, c'est grâce à vous !
Seuil, 2018
3 p. 20 €

Xenophon Tenezakis

Professeur agrégé en philosophie, Xenophon, Tenezakis est doctorant en philosophie politique à l'Université Paris Est Créteil.

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Le terrorisme djihadiste pose une question de confiance à la démocratie. Comment comprendre que des jeunes soient séduits par cette idéologie et s’engagent dans la violence ? Quel rôle y joue la religion ? Le dossier, coordonné par Antoine Garapon, observe que les djihadistes sont bien les enfants de leur époque. À lire aussi dans ce numéro : Mai 68 en France et en Pologne, le populisme du mouvement 5 étoiles, une critique de l’Université, ainsi que des commentaires de l’actualité politique et culturelle.