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Notes de lecture

Dans le même numéro

La falsification de l’Histoire. Éric Zemmour, l’extrême droite, Vichy et les juifs de Laurent Joly

juin 2022

Démonter point par point le discours historique d’Éric Zemmour sur la politique de Vichy vis-à-vis des juifs, tel est le projet de l’historien Laurent Joly. Jamais, en effet, nous n’avions eu dans la vie politique française un candidat à l’élection présidentielle affirmant sans vergogne que Vichy avait sauvé les juifs de France et qu’à ce titre, il méritait le respect.

Éric Zemmour s’inscrit dans la droite ligne de la tradition française de l’extrême droite, de Barrès à Drumont, et notamment de Charles Maurras. Ce dernier (1868-1952) fut le principal théoricien de ce qu’il nommait le « nationalisme intégral », implacable vis-à-vis de ceux qui détruisaient la France, ces ennemis de l’intérieur, les juifs, les protestants, les francs-maçons, les naturalisés. Héritier intellectuel de l’Action française, Éric Zemmour, en homme de lettres passionné d’histoire, se veut le continuateur de cette pensée de l’exclusion qui, pour sauvegarder la nation, trouve dans ce qu’il nomme « l’invasion musulmane » le bouc émissaire parfait du « mal français ».

Nul étonnement, donc, à ce que le polémiste s’attaque à Robert Paxton et à Jacques Chirac. Laurent Joly montre que l’historien américain, qui fut le premier à traiter le régime de Vichy, ne peut être que l’ennemi juré de Zemmour. En démontrant combien la politique de Vichy fut fondée sur la collaboration avec l’occupant, Paxton ciblait aussi l’attitude plus que complaisante du régime dans

Lecture réservée aux abonnés : L'indépendance d'Esprit, c'est grâce à vous !
Grasset, 2022
140 p. 12 €

Jacques-Yves Bellay

Essayiste et romancier, il a récemment publié Ne dis pas tout à la mémoire (Yellow Concept, 2020), livre pour lequel il a obtenu le Grand Prix du roman des écrivains de Bretagne.

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La démocratie des communs

Les « communs », dans leur dimension théorique et pratique, sont devenus une notion incontournable pour concevoir des alternatives à l’exclusion propriétaire et étatique. Opposés à la privatisation de certaines ressources considérées comme collectives, ceux qui défendent leur emploi ne se positionnent pas pour autant en faveur d’un retour à la propriété publique, mais proposent de repenser la notion d’intérêt général sous l’angle de l’autogouvernement et de la coopération. Ce faisant, ils espèrent dépasser certaines apories relatives à la logique propriétaire (définie non plus comme le droit absolu d’une personne sur une chose, mais comme un faisceau de droits), et concevoir des formes de démocratisation de l’économie. Le dossier de ce numéro, coordonné par Édouard Jourdain, tâchera de montrer qu’une approche par les communs de la démocratie serait susceptible d’en renouveler à la fois la théorie et la pratique, en dépassant les clivages traditionnels du public et du privé, ou de l’État et de la société.