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Notes de lecture

Dans le même numéro

Le populisme de gauche. Sociologie de la France insoumise de Manuel Cervera-Marzal

avril 2022

Cet ouvrage richement documenté et fouillé a une double ambition : d’une part, présenter les lignes de force sociopolitiques du « parti-mouvement » que constitue La France insoumise (LFI), d’autre part, intégrer cette analyse à une théorisation plus large du populisme.

Le premier intérêt de l’ouvrage est de présenter la genèse, pas toujours connue, de LFI ; de la façon dont les lenteurs du Front de gauche (coalition de partis ancrés à gauche qui s’est présentée aux élections de 2012) ont incité Jean-Luc Mélenchon à en partir et à développer, à partir du Parti de gauche (parti qu’il a fondé après son départ du Parti socialiste), un nouvel objet politique plus souple et davantage adapté, selon lui, à la conjoncture. Cet objet, ce sera La France insoumise, organisation créée spécifiquement pour les élections de 2017, qui s’axe sur l’opposition à une certaine élite désignée comme « caste » financière globalisée, et qui met en sourdine la référence à la gauche au profit du peuple. On retrouve ici la stratégie populiste.

Mais ce n’est pas une simple reprise de la philosophie du populisme de Chantal Mouffe et d’Ernesto Laclau, ni une copie de ce qu’a pu faire Podemos en Espagne. Il s’agit plus précisément de prendre acte de la fragmentation de la classe ouvrière qui faisait le lit électoral du Parti communiste, sans pour autant renoncer à politiser la classe ouvrière au profit seulement des classes moyennes supérieures urbaines, comme le fera le Parti socialiste. On

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La Découverte, 2021
392 p. 22 €

Xenophon Tenezakis

Professeur agrégé en philosophie, Xenophon, Tenezakis est doctorant en philosophie politique à l'Université Paris Est Créteil.

Dans le même numéro

En Ukraine et en Russie, le temps de la guerre

L’invasion de l’Ukraine en février 2022 a constitué un choc immense pour l’Europe et le monde. Elle s’inscrit néanmoins dans une forme de continuité, qui a vu le régime de Poutine se faire toujours plus répressif à l’intérieur de ses frontières, et menaçant à l’extérieur, depuis au moins 2008 et l’affrontement militaire en Géorgie, l’annexion de la Crimée en 2014 marquant une nouvelle étape dans cette escalade. Constitué en urgence en réaction au déclenchement de la guerre, le dossier de ce numéro interroge ses premières conséquences. De quelles manières les sociétés ukrainienne et russe font-elles face à la guerre ? Comment résister à la vaste opération de révisionnisme historique engagée par le régime de Poutine, dont témoigne la répression de toutes les sources indépendantes d’information, mais aussi de recherche et de connaissance ? En Ukraine, sur quelles ressources la résistance peut-elle compter ? En Russie, une opposition parviendra-t-elle à se constituer, malgré la chape de plomb qui s’est abattue sur le pays ? À lire aussi dans ce numéro : la justice entre les générations, le fascisme du dedans, la politique de Lévi-Strauss, la médecine contre les robots, une autre histoire de la racialisation et la naissance de l’écoféminisme.