Do not follow this hidden link or you will be blocked from this website !

Notes de lecture

Dans le même numéro

Le triomphe de l’injustice. Richesse, évasion fiscale et démocratie d'Emmanuel Saez et Gabriel Zucman.

Trad. de l’anglais par Cécile Deniard

octobre 2021

Cet ouvrage, centré sur la question de l’injustice fiscale dans l’économie américaine, réussit à combiner trois préoccupations. Il intègre les recherches académiques les plus récentes, exploite un siècle de données statistiques sur les prélèvements des différents groupes sociaux et confronte hypothèses scientifiques et diverses sources. Parallèlement, il est abordable, multiplie les exemples concrets et explicite les concepts utilisés. Enfin, il formule des propositions, reprises partiellement par la gauche du Parti démocrate lors de la primaire à l’élection américaine de 2020.

L’analyse de l’ensemble des prélèvements fiscaux et parafiscaux des Américains souligne les nombreux revirements qu’a connus la fiscalité aux États-Unis depuis le xviie siècle : guerre de Sécession, abolition de l’impôt sur le revenu en 1872, modification de la Constitution en 1913, taxation fortement progressive pendant la Première Guerre mondiale, crise de 1929, rupture des années 1980. Avant cette dernière date et pendant presque cinquante ans, le système d’imposition américain a été particulièrement progressif : le taux marginal d’impôt sur les revenus s’établissait en moyenne à 78 % (91 % entre 1951 et 1963) ; les prélèvements marginaux sur les successions atteignaient 80 % (entre 1941 et 1976) ; le taux d’impôt sur les sociétés tournait autour de 50 % (entre 1951 et 1978). Les mesures prises par les autorités publiques à partir de la décennie 19

Lecture réservée aux abonnés : L'indépendance d'Esprit, c'est grâce à vous !
Seuil, 2020
304 p. 22 €

Éric Gilles

Économiste et sociologue.

Dans le même numéro

La publication du rapport Duclert a réouvert le débat sur les responsabilités du gouvernement, de la diplomatie et de l’armée françaises dans le génocide des Tutsi au Rwanda. À partir d’une lecture de ce rapport, le présent dossier propose de réfléchir à ce que nous avons appris, dans les vingt-cinq ans qui nous séparent des faits, sur l’implication de la France au Rwanda. Quelles leçons peut-on tirer des événements, mais aussi de la difficulté, dans les années qui ont suivi, à s’accorder sur les faits et à faire reconnaitre la vérité historique ? Quels constats cette histoire invite-t-elle sur le partage des responsabilités entre autorités politiques et militaires, sur les difficultés inhérentes aux opérations extérieures, notamment en Afrique, et enfin sur le bilan de ces interventions, au moment où la France choisit de réduire sa présence au Sahel ? Au-delà du seul cas français, l’échec de la communauté internationale à prévenir le génocide rwandais invite en effet à repenser le cadre des interventions armées sur les théâtres de conflits et de guerres. À lire aussi dans ce numéro : l’avenir de l’Afghanistan, djihadisme et démocratie, gouverner le trottoir, à qui profite le crime ?, le retour à Rome d’Hédi Kaddour et le carnaval Belmondo.