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Notes de lecture

Dans le même numéro

Lénine a marché sur la lune. La folle histoire des cosmistes et transhumanistes russes de Michel Eltchaninoff

juin 2022

Eltchaninoff voit dans le cosmisme une tentative originale d’humaniser la science, de la sortir du « scientisme occidental » pour la mettre au service d’un idéal, celui de la réconciliation de l’homme avec l’univers.

Après ses ouvrages consacrés à Dostoïevski ou encore à Vladimir Poutine, le philosophe Michel Eltchaninoff s’est attelé à faire connaître un courant de pensée peu connu en France, mais dont l’influence sur la vie intellectuelle russe fut et reste, selon lui, majeure. Grand connaisseur de la culture russe, l’auteur était tout indiqué pour nous faire découvrir cet objet philosophique singulier qu’est le cosmisme.

Eltchaninoff voit dans le cosmisme une tentative originale d’humaniser la science, de la sortir du « scientisme occidental » pour la mettre au service d’un idéal, celui de la réconciliation de l’homme avec l’univers. Il met tout autant en évidence ses dérives potentielles, qui le rapprochent parfois du transhumanisme, voire d’un certain eugénisme. L’ouvrage offre donc une immersion dans la vie intellectuelle russe des xixe et xxe siècles, mais interroge également l’influence de celle-ci sur notre époque, et plus particulièrement le rapport de filiation qui relie, selon lui, le cosmisme russe au transhumanisme de la Silicon Valley aujourd’hui.

Né vers la fin du xixe siècle, le cosmisme relève moins d’un système philosophique structuré que d’une « nébuleuse » qui connaîtra de multiples avatars, et qui influencera autant la pensée de certains compagnons de route de Lénine que la conquête spatiale soviétique, ou en

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Actes Sud, 2022
256 p. 21 €

Benjamin Tuil

Ancien stagiaire à la rédaction d'Esprit.

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La démocratie des communs

Les « communs », dans leur dimension théorique et pratique, sont devenus une notion incontournable pour concevoir des alternatives à l’exclusion propriétaire et étatique. Opposés à la privatisation de certaines ressources considérées comme collectives, ceux qui défendent leur emploi ne se positionnent pas pour autant en faveur d’un retour à la propriété publique, mais proposent de repenser la notion d’intérêt général sous l’angle de l’autogouvernement et de la coopération. Ce faisant, ils espèrent dépasser certaines apories relatives à la logique propriétaire (définie non plus comme le droit absolu d’une personne sur une chose, mais comme un faisceau de droits), et concevoir des formes de démocratisation de l’économie. Le dossier de ce numéro, coordonné par Édouard Jourdain, tâchera de montrer qu’une approche par les communs de la démocratie serait susceptible d’en renouveler à la fois la théorie et la pratique, en dépassant les clivages traditionnels du public et du privé, ou de l’État et de la société.