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Notes de lecture

Dans le même numéro

Nouvel an de Juli Zeh

Traduit par Rose Labourie

mai 2022

Le roman Nouvel An, sous l’apparence d’un topos imaginaire et facile d’accès, n’est pas moins une confrontation lucide avec les maux de la société actuelle et avec les fragilités humaines. Juli Zeh, en tant qu’observatrice attentive, pose les yeux sur la misère de l’individu humain qui cherche sa place dans le monde contemporain. Lorsqu’à la surface, l’humain semble « fonctionner », lorsque sa vie de famille, son travail, son rapport aux enfants, son confort de vie semblent « fonctionner », tout autre questionnement apparaît inutile. Les réalités plus profondes, l’essence invisible, l’expérience intériorisée de l’homme passent au second plan, le jugement de valeur se portant à chaque fois sur le critère du fonctionnement en conformité avec les attentes sociales.

Ainsi, Henning semble « fonctionner ». Il est marié à Theresa avec laquelle il a deux jeunes enfants, Bibbi et Jonas. Il partage avec sa femme la tâche de l’éducation, chacun travaillant à mi-temps, elle dans un cabinet d’expertise comptable, lui dans une maison d’édition. Le mieux qu’il le peut, Henning s’acquitte de ses tâches de père qui jongle entre le travail et les enfants, et il n’est pas rare qu’il se sente dépassé. Il n’a pas d’autre choix que de « fonctionner » parfaitement, jour après jour, quitte à faire semblant que ses luttes intérieures, ses fragilités psychologiques et le combat contre son passé n’existent pas… alors qu’ils le taraudent jour et nuit.

C’est la chose qu

Lecture réservée aux abonnés : L'indépendance d'Esprit, c'est grâce à vous !
Actes Sud, 2019
192 p. 20 €

Alexandra Juster

Doctorante en langue et littérature allemande contemporaine à l’Université de Salamanque, Alexandra Juster est égalment docteure en droit de l’Université de Ferrare et avocate admise aux Barreaux de France et d’Italie. Depuis 2018, elle enseigne les langues et les littératures allemande et française, dans le secondaire et à l’Université.…

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Patrimoines contestés

Depuis la vague de déboulonnage des statues qui a suivi l’assassinat de George Floyd, en mai 2020, la mémoire et le patrimoine sont redevenus, de manière toujours plus évidente, des terrains de contestation politique. Inscrire ces appropriations de l’espace urbain dans un contexte élargi permet d’en comprendre plus précisément la portée : des manifestations moins médiatisées, comme l’arrachement de la statue d’un empereur éthiopien en Grande-Bretagne, ou touchant à des strates d’histoire inattendues, comme la gestion de la statuaire soviétique, participent d’une même volonté de contester un ordre en dégradant ses symboles. Alors qu’une immense statue célébrant l’amitié russo-ukrainienne vient d’être démontée à Kiev, le dossier de ce numéro, coordonné par Anne Lafont, choisit de prendre au sérieux cette nouvelle forme de contestation, et montre que les rapports souvent passionnés que les sociétés entretiennent avec leur patrimoine ne sont jamais sans lien avec leur expérience du conflit. À lire aussi dans ce numéro : l’histoire, oubli de l’inconscient ?, le prix de l’ordre, pour une histoire européenne, les femmes dans l’Église, les réfugiés d’Ukraine et nos mélancolies secrètes.