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Notes de lecture

Dans le même numéro

Platon a rendez-vous avec Darwin de Vincent Le Biez

mai 2022

Voilà un livre éminemment analogique, et au programme politique fort. L’auteur, actuellement haut fonctionnaire en poste à l’Agence des participations de l’État, fut nommé en 2013 secrétaire national de l’UMP et animateur d’idées d’un courant important de ce parti (celui d’Hervé Mariton).

L’idée, d’abord plutôt séduisante, est de faire dialoguer directement philosophie (politique) et science, en prenant appui sur cette dernière à travers différentes branches (théorie de l’évolution, biologie cellulaire, thermodynamique, etc.). L’auteur aime la science – c’est sa formation – et la politique – il en a fait, ou en refera. Chaque chapitre est construit de la même manière, avec de longs et érudits développements scientifiques, suivis d’une généralisation à la philosophie politique : ainsi un exposé sur l’homéostasie cellulaire, avec de magnifiques schémas colorés de biologie, donne-t-il lieu à une comparaison entre la membrane cellulaire et la frontière d’un pays, la cellule (et donc le pays) préservant son équilibre – son homéostasie – en assimilant certains apports externes, tout en en rejetant d’autres, par « perméabilité sélective ».

Nonobstant certaines grandiloquences (la mission « du » politique est de « contribuer à construire l’Histoire, plutôt que la subir »), certaines naïvetés (« le progrès scientifique et technique est agnostique »), certains postulats ou inférences rapides (« la modernité se c

Lecture réservée aux abonnés : L'indépendance d'Esprit, c'est grâce à vous !
Les Belles Lettres, 2021
192 p. 17 €

Alexandre Moatti

Titulaire d'un doctorat en histoire des sciences, Alexandre Moatti est  ingénieur, haut fonctionnaire et historien des sciences.

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Patrimoines contestés

Depuis la vague de déboulonnage des statues qui a suivi l’assassinat de George Floyd, en mai 2020, la mémoire et le patrimoine sont redevenus, de manière toujours plus évidente, des terrains de contestation politique. Inscrire ces appropriations de l’espace urbain dans un contexte élargi permet d’en comprendre plus précisément la portée : des manifestations moins médiatisées, comme l’arrachement de la statue d’un empereur éthiopien en Grande-Bretagne, ou touchant à des strates d’histoire inattendues, comme la gestion de la statuaire soviétique, participent d’une même volonté de contester un ordre en dégradant ses symboles. Alors qu’une immense statue célébrant l’amitié russo-ukrainienne vient d’être démontée à Kiev, le dossier de ce numéro, coordonné par Anne Lafont, choisit de prendre au sérieux cette nouvelle forme de contestation, et montre que les rapports souvent passionnés que les sociétés entretiennent avec leur patrimoine ne sont jamais sans lien avec leur expérience du conflit. À lire aussi dans ce numéro : l’histoire, oubli de l’inconscient ?, le prix de l’ordre, pour une histoire européenne, les femmes dans l’Église, les réfugiés d’Ukraine et nos mélancolies secrètes.