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Notes de lecture

Dans le même numéro

Savoir pour pouvoir. Sortir de l’impuissance démocratique de François Cornut-Gentille

mai 2022

Les maux de la démocratie française trouveraient-ils racine dans l’appauvrissement de son débat public ? Dans l’emballement médiatique qui a modifié le mode d’exercice du pouvoir ? Dans l’inadaptation de l’État à l’évolution sociale et politique du monde ? Dans le gouffre qui s’est ouvert entre les discours et la réalité ? Dans Savoir pour pouvoir, François Cornut-Gentille prend de la hauteur et décortique les rouages et ruses des mécanismes législatifs et décisionnels de l’État. Sans qu’il n’échappe à quelques piques politiciennes, son constat sévère, argumenté et illustré de sa propre expérience, articule une progressive « perte de la force de gouverner » autour de trois tendances appauvrissantes du débat public qui font que « nos démocraties tournent à vide dans un état de surchauffe permanente ».

Dans cette démonstration, l’évolution la plus implacable tient au fait que les idées politiques se sont aujourd’hui réduites à de simples produits de marketing. François Cornut-Gentille pousse un cran plus loin l’analyse de Bernard Manin, qui voyait dans la « métamorphose du gouvernement représentatif1 » une démocratie parlementaire muée en démocratie de parti politique ayant laissé place à une « démocratie du public ». Il complète ce ternaire d’une dégradation supplémentaire, qui voit les leaders d’opinion devenir des « icônes de marque » q

Lecture réservée aux abonnés : L'indépendance d'Esprit, c'est grâce à vous !
Gallimard, coll. « Le Débat », 2021
296 p. 20 €

Fabrice Demarigny

Fabrice Demarigny est docteur en sciences politiques, avocat en droit européen et spécialiste des marchés financiers.

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Patrimoines contestés

Depuis la vague de déboulonnage des statues qui a suivi l’assassinat de George Floyd, en mai 2020, la mémoire et le patrimoine sont redevenus, de manière toujours plus évidente, des terrains de contestation politique. Inscrire ces appropriations de l’espace urbain dans un contexte élargi permet d’en comprendre plus précisément la portée : des manifestations moins médiatisées, comme l’arrachement de la statue d’un empereur éthiopien en Grande-Bretagne, ou touchant à des strates d’histoire inattendues, comme la gestion de la statuaire soviétique, participent d’une même volonté de contester un ordre en dégradant ses symboles. Alors qu’une immense statue célébrant l’amitié russo-ukrainienne vient d’être démontée à Kiev, le dossier de ce numéro, coordonné par Anne Lafont, choisit de prendre au sérieux cette nouvelle forme de contestation, et montre que les rapports souvent passionnés que les sociétés entretiennent avec leur patrimoine ne sont jamais sans lien avec leur expérience du conflit. À lire aussi dans ce numéro : l’histoire, oubli de l’inconscient ?, le prix de l’ordre, pour une histoire européenne, les femmes dans l’Église, les réfugiés d’Ukraine et nos mélancolies secrètes.