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Notes de lecture

Dans le même numéro

Vers une démocratie plus juste

janv./févr. 2022

L’essai de Pierre-Étienne Vandamme, Démocratie et justice sociale, propose un plaidoyer aussi lucide que convaincant en faveur du régime démocratique. L’ouvrage en démontre la supériorité en se fondant sur des raisons avant tout politiques, et préconise de réformer les institutions afin qu’elles favorisent des décisions justes et impartiales.

Les diagnostics des différentes pathologies de la démocratie ne manquent pas. On pourrait préférer à cette dernière des régimes alternatifs, comme la technocratie ou un gouvernement « illibéral » justifiant une forme de despotisme ou, du moins, d’autoritarisme. Les sociétés démocratiques semblent prisonnières de plusieurs tendances contradictoires : la tentation de confier le pouvoir à un leader charismatique, la volonté de redonner le pouvoir au peuple face à des représentants qui le confisqueraient ou le désir de s’en remettre à une élite éclairée. Loin d’opposer un lointain idéal à nos démocraties en mal de légitimité, le livre de Pierre-Étienne Vandamme, Démocratie et justice sociale, se propose de justifier la préférence donnée au régime démocratique dans sa conception la plus ordinaire (protection des libertés politiques ; suffrage universel égalitaire ; élections libres et récurrentes ; règle de la majorité). Sans se faire d’illusions sur les imperfections d’un tel système politique, il s’agit de prendre au sérieux les critiques qui lui sont adressées afin d’évaluer la légitimité de la préférence démocratique. Plutôt que l’objection populiste (donner au peuple le contrôle de son destin, quelle que soit sa volonté), l’objection élitiste est jugée « la plus sérieuse » : l’épistocratie (le gouvernement des plus « sages ») ne serait-elle pas un meilleur régime ?

Le premier chapitre argumente en faveur de la valeur

Lecture réservée aux abonnés : L'indépendance d'Esprit, c'est grâce à vous !
Vrin, coll. « L’esprit des lois », 2021
256 p. 24 €

Johanna Lenne-Cornuez

Philosophe, chercheuse associée à l'unité de recherche "Sciences, normes, démocratie" de Sorbonne Université (UMR 8011), elle vient de publier Être à sa place. La formation du sujet dans la philosophie morale de Rousseau (Classiques Garnier, 2021).

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L’amour des marges. Autour de Michel de Certeau

Comment écrire l’histoire des marges ? Cette question traverse l’œuvre de Michel de Certeau, dans sa dimension théorique, mais aussi pratique : Certeau ne s’installe en effet dans aucune discipline, et aborde chaque domaine en transfuge, tandis que son principal objet d’étude est la façon dont un désir fait face à l’institution. À un moment où, tant historiquement que politiquement, la politique des marges semble avoir été effacée par le capitalisme mondialisé, l’essor des géants du numérique et toutes les formes de contrôle qui en résultent, il est particulièrement intéressant de se demander où sont passées les marges, comment les penser, et en quel sens leur expérience est encore possible. Ce dossier, coordonné par Guillaume Le Blanc, propose d’aborder ces questions en parcourant l’œuvre de Michel de Certeau, afin de faire voir les vertus créatrices et critiques que recèlent les marges. À lire aussi dans ce numéro : La société française s’est-elle droitisée ?, les partis-mouvements, le populisme chrétien, l’internement des Ouïghours, le pacte de Glasgow, et un tombeau pour Proust.