Notes de lecture

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Vivre sans ? Institutions, police, travail, argent… de Frédéric Lordon

mai 2020

«Vivre sans?» : le sous-titre indique déjà la réponse. Alors fallait-il consacrer 300 pages pour démontrer l’impossibilité de toute utopie radicale ? La réponse est oui, car ce livre est l’œuvre d’un intellectuel « radical-réaliste ». Un oxymore à première vue. Pourtant, qui n’espérerait avec l’auteur qu’il demeure possible de « changer la vie » sans tomber dans l’utopie irréalisable ? S’il s’adresse à première vue à ses camarades gauchistes, sa leçon de politique vaut pour toute la gauche. Le livre s’ouvre sur un travail de philosophie politique critique… des philosophes critiques (Alain Badiou, Jacques Rancière, Giorgio Agamben), soit la déconstruction des théories révolutionnaires qui ont le plus influencé des auteurs comme Julien Coupat ou ceux du Comité invisible. Comme dans ses ouvrages précédents1, Lordon appuie sa critique sur la métaphysique spinoziste, une béquille qui ne vaut que ce que vaut toute métaphysique. Il n’en demeure pas moins que la critique porte.

L’auteur entre ensuite dans des considérations plus concrètes, sans tout à fait quitter l’univers des concepts : «horizontalité» (des relations dépourvues de toute autorité) contre «verticalité

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La Fabrique, 2019
304 p. 14 €

Michel Herland

Michel Herland est professeur des universités, aux Antilles, en Guyane et Martinique. Il dirige le journal en ligne Mondes francophones. Il est l’auteur du livre La Mutine, Andersen, 2018

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Ce dossier spécial décrit l’expérience de vulnérabilité commune suscitée par l’épidémie, interroge les règles de l’exception qui lui répond et explore les différents imaginaires qu’il sollicite. À lire aussi dans ce numéro : les pressions chinoises sur la recherche, les discours de haine en ligne et un entretien avec Emma Lavigne sur le Palais de Tokyo.


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