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Notes de lecture

Dans le même numéro

Le jour qui revient de Roger Dextre

mars 2022

« Voilà ce que d’âge en âge/ transmettent les poèmes, / laissant au cœur de notre confiance/ une inaptitude à comprendre. » Parcourir Roger Dextre, c’est s’assurer qu’il est philosophe autant que poète. Philosophe sensible, plongé dans le velouté du monde, il fore une manière de dédale dans la tendresse des choses. En attestent le présent recueil et ces vers, finement orchestrés, dont la musicalité use d’harmonies familières et secrètes : « Dieu ne manque pas, / la pluie tombe toujours/ ainsi que les fêtes, les aurores./ La douceur/ se porte comme une plainte, / les plaies paraissent des preuves, / on est tombés à genoux pour des riens/ de gratitude et d’espérance.  » Il en va d’une ligne mélodique – d’un « bruit de pluie dans le langage », aurait écrit Yves Bonnefoy – qui, par la pensée chantée qu’elle développe, dessine « une ascension ponctuelle et infinie », serait-elle de « voix/ qui parlent ou/ qui flambent  ». L’art, le bel art, de Roger Dextre, c’est d’esquisser, par-delà ce qui ne serait pour le regard commun qu’immédiateté triviale, l’épaisseur impalpable du temps et de la mémoire – « quand le rêve se casse/ en heures chômées, / en espoirs délaissés, / en ruines et en friches ».

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La Rumeur libre, 2021
138 p. 16 €

Paloma Hermine Hidalgo

Paloma Hermine Hidalgo poursuit des études de littérature, de philosophie et de linguistique à l’École normale supérieure de la rue d’Ulm et à l’université Sorbonne Nouvelle. Elle consacre deux mémoires, respectivement, aux Éditions de Minuit, puis à la différence sexuelle et aux « fantasmes de l’universel » au XVIIe siècle. Après un échange à La Fémis, elle est diplômée de HEC Paris, où elle…

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Retrouver la souveraineté ?

L’inflation récente des usages du mot « souveraineté », venue tant de la droite que de la gauche, induit une dévaluation de son sens. Dévaluation d’autant plus choquante à l’heure où, sur le sol européen, un État souverain, l’Ukraine, est victime d’une agression armée. Renvoyant de manière vague à un « pouvoir de décider » supposément perdu, ces usages aveugles confondent souvent la souveraineté avec la puissance et versent volontiers dans le souverainisme, sous la forme d’un rejet de l’Union européenne. Ce dossier, coordonné par Jean-Yves Pranchère, invite à reformuler correctement la question de la souveraineté, afin qu’elle embraye sur les enjeux décisifs qu’elle masque trop souvent : l’exercice de la puissance publique et les conditions de la délibération collective. À lire aussi dans ce numéro : les banlieues populaires ne voteront plus, le devenir africain du monde, le destin du communisme, pour une troisième gauche, Nantes dans la traite atlantique, et la musique classique au xxie siècle.