Do not follow this hidden link or you will be blocked from this website !

Notes de lecture

Dans le même numéro

La guerre civile. Histoire, philosophie, politique

de Guillaume Barrera

octobre 2021

Si le spectre de la guerre civile a tant hanté les philosophes, et resurgit encore aujourd’hui quand le conflit point au cœur d’une communauté politique, c’est que cette forme de guerre se distingue des autres par son effroyable capacité à « diviser la vie commune ». Guillaume Barrera retrace l’histoire de ce phénomène singulier qu’est le conflit intestin, inséparable d’un certain rapport à l’idée de justice dans la cité platonicienne, puis à l’idée d’universel quand la cité des hommes devient « la cité de Dieu », à l’entrée dans l’ère chrétienne. L’ouvrage analyse ensuite les différents visages de la guerre civile, qu’il s’agisse des séditions ayant troublé l’Empire romain, de la guerre d’Espagne, ou des divisions qui semblent échauder le monde arabe actuel.

De fait, quand Empédocle donne une place importante aux principes d’amour et de haine, l’on comprend à quel point la lutte intestine obéit à des règles proches de celles qui gouvernent le cœur humain. De même, le motif de la guerre civile permet de décrire ce qui se joue au gré des unions et des dissensions entre les membres d’une famille, ou entre les habitants d’une cité. Celle-ci unit en effet le dissemblable d’après Aristote, et voilà pourquoi les divers éléments qui la composent constituent un ensemble fragile, susceptible de se désunir dès que des intérêts divergents se présentent. Une regrettable désunion qui, si elle finit par se produire, risque d’aboutir à ce conflit fratricide dans lequel no

Lecture réservée aux abonnés : L'indépendance d'Esprit, c'est grâce à vous !
Gallimard, 2021
328 p. 22 €

Raphaël Pinault

Ancien stagiaire à la rédaction d'Esprit.

Dans le même numéro

La publication du rapport Duclert a réouvert le débat sur les responsabilités du gouvernement, de la diplomatie et de l’armée françaises dans le génocide des Tutsi au Rwanda. À partir d’une lecture de ce rapport, le présent dossier propose de réfléchir à ce que nous avons appris, dans les vingt-cinq ans qui nous séparent des faits, sur l’implication de la France au Rwanda. Quelles leçons peut-on tirer des événements, mais aussi de la difficulté, dans les années qui ont suivi, à s’accorder sur les faits et à faire reconnaitre la vérité historique ? Quels constats cette histoire invite-t-elle sur le partage des responsabilités entre autorités politiques et militaires, sur les difficultés inhérentes aux opérations extérieures, notamment en Afrique, et enfin sur le bilan de ces interventions, au moment où la France choisit de réduire sa présence au Sahel ? Au-delà du seul cas français, l’échec de la communauté internationale à prévenir le génocide rwandais invite en effet à repenser le cadre des interventions armées sur les théâtres de conflits et de guerres. À lire aussi dans ce numéro : l’avenir de l’Afghanistan, djihadisme et démocratie, gouverner le trottoir, à qui profite le crime ?, le retour à Rome d’Hédi Kaddour et le carnaval Belmondo.