Notes de lecture

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Et si c’était à refaire. Chemins de Boris Pahor sous la dir. de Guy de Fontaine

décembre 2019

Sur les hauteurs du golfe de Trieste, Prosek (Prosecco) offre une vue imprenable sur la beauté du Karst et la magie de la mer, écrin du Territoire libre de Trieste. Ce lieu donne aussi à voir l’espace littéraire de Boris Pahor qui ne cesse de les relier : « Quand je suis à la montagne, j’ai envie de retourner au bord de la mer. Et dès que je suis devant la mer, j’ai envie de rechausser mes chaussures de montagne. » Le Karst et la mer sont le maquis pour les Slovènes du littoral adriatique, seul endroit où ils pouvaient s’exprimer en toute liberté alors que le régime fasciste italien menait une politique radicale d’italianisation dès 1922. Le maquis, c’est encore la langue, slovène, qu’il faut défendre contre l’irrédentisme pour pouvoir continuer à exister. Traumatisme d’enfance et topos marquant au fer rouge l’œuvre de Boris Pahor (né en 1913) : l’incendie du Narodni Dom, la maison de la culture slovène, brûlée par les fascistes le 13 juillet 1920 – et qui attend toujours d’être restituée à la communauté slovène. À deux pas de là, la place Oberdan, où Pahor eut à répondre en février 1944 aux interrogatoires musclés de la police

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Christophe Solioz

Diplômé en lettres et sciences de l’éducation, Christophe Solioz est actuellement professeur à Genève et socio-thérapeute. Il a également travaillé sur la transition démocratique dans le nord des Balkans. Il est l’auteur de La Bosnie-Herzégovine, enjeux de la transition (L’harmattan, 2003) et de Psychanalyse engagée, entre dissidence et orthodoxie (L’harmattan, 2014).…

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Là où nos sociétés connaissent des tensions, là aussi travaille le langage. Le dossier d’Esprit (décembre 2019), coordonné par Anne Dujin, se met à son écoute, pour entendre l’écho de nos angoisses, de nos espoirs et de nos désirs. À lire aussi dans ce numéro : les déçus du Califat, 1989 ou le sens de l’histoire et un entretien avec Sylvain Tesson.