Notes de lecture

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L’effacement des lieux de Janine Altounian

décembre 2019

« Ce que tu as hérité de tes pères, acquiers-le afin de le posséder. Ce qu’on n’utilise pas est un pesant fardeau[1] », disait Goethe. Ces vers, chers à Janine Altounian, condensent la théorie de la transmission générationnelle à laquelle elle a consacré son œuvre, depuis ses premiers articles, parus dans Les Temps modernes, jusqu’à l’ouvrage qu’elle nous livre aujourd’hui. Théorie qui, dans le cas du génocide arménien – dont elle assume et fait perdurer la mémoire –, est mise à l’épreuve du paradoxe que représente une transmission marquée par le négatif : entre le manque de paroles pour donner forme à l’expérience et l’anéantissement de la culture et de la langue qui constituent, ou auraient pu constituer, l’essentiel de cet héritage. Comment donc « acquérir » et « posséder » ce qui se manifeste d’abord comme un vide ? Comment éviter de porter le poids d’un deuil interminable – celui d’une mort sans sépulture –, en le rendant « utile » à la vie, ou à la « survivance

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Verónica Estay Stange

Professeur de littérature à l’université du Luxembourg, elle a publié Sens et musicalité. Les voix secrètes du symbolisme (Classiques Garnier, 2014).

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Là où nos sociétés connaissent des tensions, là aussi travaille le langage. Le dossier d’Esprit (décembre 2019), coordonné par Anne Dujin, se met à son écoute, pour entendre l’écho de nos angoisses, de nos espoirs et de nos désirs. À lire aussi dans ce numéro : les déçus du Califat, 1989 ou le sens de l’histoire et un entretien avec Sylvain Tesson.