Le jeune Ahmed des frères Dardenne © Christine Plenus – Diaphana
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Le jeune Ahmed, un djihadisme de proximité

Comment sort-on du désir de tuer ? Affrontant sans faux-semblant la radicalisation, Le jeune Ahmed réalise un magnifique portrait d’un enfant de l’Europe après les attentats de 2015.

Le jeune Ahmed[1] de Jean-Pierre et Luc Dardenne met en scène la trajectoire d’un jeune garçon radicalisé de treize ans qui projette de tuer son enseignante pour défendre sa religion, sa quête de pureté. Retenu dans un centre fermé, suivi par un éducateur de référence (Olivier Bonnaud, le remarquable jeune médecin en crise de vocation de La fille inconnue), Ahmed sort parfois pour se rendre dans une ferme où il rencontre Louise, une jeune fille de son âge avec qui il pourrait flirter. Mais rien ni personne ne semble atteindre le jeune garçon ; pas même sa mère convertie qu’il méprise et considère comme une « mauvaise musulmane ». Les frères Dardenne tiennent avec maestria les rênes de la destinée tragique du jeune garçon à mesure qu’il s’enferme dans l’obsession du meurtre qu’il prépare. Sur son chemin, il croise des institutions belges à leur meilleur : des juges des enfants bienveillants, une psychologue et un éducateur parfaits. Le garçon tendra des mouchoirs à sa mère (excellente Claire Bodson) en visite au centre fermé. Mais c’est seul, finalement, qu’il se dirigera vers sa victime pour lui faire face, enfin.

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Élise Domenach

Maître de conférence en études cinématographiques à l’Ecole normale supérieure de Lyon, elle est notamment l’auteure de Stanley Cavell, le cinéma et le scepticisme (PUF, 2011).

Jean-Pierre et Luc Dardenne