© Agathe Poupeney
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Boris Godounov à la Bastille

juillet 2018

Les sept années de règne (1598-1605) du premier Tsar élu de toutes les Russies ont inspiré l’un des plus grands rôles de basse dans la musique russe, celui de Boris Godounov dans l’opéra éponyme de Moussorgski (1839-1881). Le livret de cet opéra reprend fidèlement l’esprit et une partie du texte de la pièce pareillement nommée d’Alexandre Pouchkine (1799-1837), qui s’était lui-même appuyé sur le travail de l’historien Karamzine. Les deux œuvres ont en commun d’avoir connu la censure. La représentation de la pièce de Pouchkine publiée en 1831 fut interdite du vivant de son auteur et pour plusieurs autres décennies, notamment en raison de l’interdiction de représenter les Tsars au théâtre (formalisée par un décret de Nicolas Ier en 1837, année de la mort de Pouchkine).

La première version de l’opéra de Moussorgski fut, quant à elle, refusée en 1871 (soit quelques mois après la première représentation de la pièce de Pouchkine…) par la direction des théâtres impériaux de Saint-Pétersbourg, au motif de l’absence de rôle féminin central, d’intrigue amoureuse et de ballet. Moussorgski acheva une seconde version, considér

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Emmanuelle Saulnier-Cassia

Professeure de droit public à l’université de Versailles, agrégée des Facultés de droit, elle est spécialisée en droit de l’Union européenne. Elle a créé par ailleurs une réflexion sur l’appréhension du droit par les arts (scéniques en particulier), à travers une chronique mensuelle « Du droit dans les arts » aux Petites affiches, une rubrique « Théâtre » dans la revue Droit & Littérature depuis…