Albert von Keller, Hypnose à Schrenck-Notzing (vers 1885)
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Il n’y a pas de chemin

Entretien avec François Roustang

septembre 2019

#Divers

Après avoir été jésuite, François Roustang (1923-2016) est devenu philosophe, psychanalyste et hypno-thérapeute. Il met en relief les incohérences de la psychanalyse, ses errements, ses réflexes idéologiques et ses querelles stériles. Il a réintroduit l’hypnose en France, sous l’influence d’une réflexion philosophique convoquant, entre autres, Nietzsche, Hegel et Wittgenstein. Son travail fait de lui un praticien radical et un « explorateur d’intelligibilité ». Il nous livre ici un regard sans complaisance sur son travail, sa vie et ses intuitions profondes.

En quoi votre parcours chez les jésuites et votre travail analytique auprès de Jacques Lacan vous ont-ils conduit à devenir hypno-thérapeute ?

Ce n’est pas une affaire qui se règle en une minute. On me dit souvent : « Vous avez quitté l’Église. » Non, c’est l’Église qui a quitté le monde. Je ne sais pas si vous connaissez le livre de Danièle Hervieu-Léger, Catholicisme, la fin d’un monde[1] : au début, l’Église était vivante, puis elle s’est étiolée et n’a pas su répondre aux impératifs de son temps. J’ai fait toute ma formation chez les jésuites mais, en bout de course, je ne pouvais plus. L’Église ne répondait plus à ce que je cherchais, par absence ou par trop de dogme. Lorsque j’avais vingt ans, il y avait un message universel, même maladroit, qui était porté : celui du bien de l’Humanité. Mais est-ce que c’est un message qui questionne, qui ouvre, qui peut déconcerter, ou bien est-ce une espèce de morale qui est imposée à l’Humanité ? Dans la plupart des cas, ce qui me paraît évident ces jours-ci, c’est que l&rsq

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