J. M. W. Turner, The Burning of the Houses of Lords and Commons, 16 October 1834 (1835)
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L’incendie de Notre-Dame, ou la beauté du mort

La vitalité du christianisme comme foi dépend des Églises et des chrétiens eux-mêmes, de leur capacité de réforme et d’invention.

On n’ira pas jusqu’à dire, avec Jean Baudrillard, que comme la guerre du Golfe, l’incendie de Notre-Dame « n’a pas eu lieu »[1]. En effet, la réalité désolante est bien là, pour qui veut aller la voir depuis les quais de Seine ou d’ailleurs. Mais il faut le reconnaître : les quelques heures où nous avons assisté en direct, sur place ou à la télévision, sidérés et pétrifiés, à l’avancée de l’incendie, avec le moment dramatique de la chute de la flèche et la vision de l’étendue du désastre grâce à un drone, puis les quelques heures suivantes où nous avons communié dans une détresse commune, dans un moment inattendu d’unité et de ferveur patriotiques, dans une émotion partagée avec le monde entier, ces heures d’exception donc se sont vite évanouies, au profit, faut-il dire de la « vraie vie » ou, au contraire, du simulacre et de la commedia dell’arte ordinaires ? En tout cas, les clivages partisans, le commentaire en tout sens sur le pourquoi et le comment de l’incendie, le débat sur la reconstruction à l’identique ou non, sur la matière et la forme

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Jean-Louis Schlegel

Philosophe, éditeur, sociologue des religions et traducteur, Jean-Louis Schlegel est particulièrement intéressé par les recompositions du religieux, et singulièrement de l'Eglise catholique, dans la société contemporaine. Cet intérêt concerne tous les niveaux d’intelligibilité : évolution des pratiques, de la culture, des institutions, des pouvoirs et des « puissances », du rôle...