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Enquête

mars/avril 2014

#Divers

Max Weber définissait l’avènement de la modernité par l’apparition du « polythéisme des valeurs », assignant au pluralisme et au conflit une place de première importance. Aujourd’hui, les valeurs continuent à être évoquées au pluriel, mais tout se passe comme si elles faisaient bloc, désignant un ensemble unifié capable d’ordonner le monde autour de principes intangibles. Sur le plan rhétorique, cet étrange monothéisme des valeurs se présente comme un « rappel ». On ne sait jamais très bien de quelles valeurs il s’agit, mais on comprend que leur « oubli » expliquerait le déclin moral et civique contemporain. Comme si la mémoire (obligée) des valeurs constituait le seul viatique au désespoir social. Pour donner un peu de chair à leurs exhortations, les autorités politiques et intellectuelles parlent des « valeurs de la République », supposant que la République est née de croyances partagées et consensuelles opposées au désordre, alors que (du moins en France) elle est née d’une révolution qui a commencé par mettre à bas les ordres d’Ancien Régime.

Laïcité, vivre ensemble, tolérance, sécurité, droits de l’homme : chacune de ces notions (la liste n’est pas close) a son histoi

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André Orléan

Économiste, André Orléan est actuellement directeur de recherche au CNRS et directeur d'études de l'EHESS. Il est également Président d'honneur de l'Association Françaises d'Économie Politique (AFEP) et membre de l'association Les Économistes Attérés depuis sa fondation en 2011.   Il a notamment publié L’empire de la valeur. Refonder l’économie (Seuil, 2011) qui a reçu le Prix Paul...

BRAGUE Rémi

Camille Riquier

Maître de conférences en philosophie à l’Institut catholique de Paris, il a publié en 2017 Philosophie de Péguy ou les mémoires d’un imbécile aux PUF. Il est membre du Conseil de rédaction d’Esprit.

GOUX Jean-Joseph

Jean-Claude Monod

Philosophe, il s'intéresse en particulier aux rapports entre politique et religion, ainsi qu'à l'articulation entre démocratie et pouvoir, notamment dans l'interrogation qui est au coeur de son livre, Qu'est-ce qu'un chef en démocratie? Politiques du charisme (Paris, Seuil, 2012).

Jean-Philippe Domecq

Romancier et essayiste   Dans un souhait d'effacement ironique de l'auteur derrière l’œuvre, Domecq a pris pour pseudonyme ce nom d'un auteur imaginé par J.L. Borgès – « et imaginaires ne le sommes-nous pas tous? », précise-t-il. D'abord connu pour son Robespierre, derniers temps en 1984, où la littérature sert d'éclairage complémentaire aux travaux des historiens spécialistes...

Joël Roman

Philosophe, essayiste et éditeur   Joël Roman prône « un multiculturalisme à la française », qui reconnaisse le pluralisme social et culturel de la société française, l’empreinte durable des immigrations post-coloniales, et sache adapter le modèle républicain à la multiplicité individuelle, à la nouvelle question sociale des banlieues et à la présence établie de l’islam de...

Pierre Zaoui

Raynaud Philippe

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