Myriam Benraad | Wikimédia 2016
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Les déçus du califat

Émotions et démobilisation

décembre 2019

Par quels moyens un militant djihadiste en vient donc à renoncer à l’idéologie et à la violence ? Les personnes concernées témoignent du rôle des affects de déception, de honte, de culpabilité et de dégoût.

« Radicalisation », « extrémisme violent », « terrorisme islamiste » : autant de termes et de formules qui, au cours des dernières décennies, ont accouché, en France comme à l’étranger, d’une ample littérature visant à mieux appréhender la violence dite djihadiste. Aucun consensus sur le sujet ne semble pourtant s’être dégagé. Grâce à un accès simplifié aux sources primaires ainsi qu’à la parole des militants dans le cadre d’entretiens ou procès, une série d’enquêtes ont permis une compréhension plus exhaustive et plus fine du phénomène, mettant utilement en évidence ses continuités, ses discontinuités et sa complexité à la fois sociopolitique, culturelle et géopolitique.

D’une focale appuyée sur les variables de l’engagement djihadiste, et notamment sur son « avant » et son « pendant », le débat se déplace plutôt à présent sur l’« après », évolution nette depuis la chute du « califat » proclamé en 2014 par le groupe État islamique de l’Irak à la Syrie. Des camps de réfugiés au Levant jusqu’aux cours de

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