Howard Carter et un porteur d'eau dans la tombe de Toutankhamon. Photo : Domaine public
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L’héritage de l’archéologie coloniale

janv./févr. 2020

Trois chercheuses impliquées dans des recherches en Afrique du Nord interrogent les rapports entre savoir scientifique et pouvoir politique, de la colonisation à aujourd'hui, en passant par les indépendances et la coopération.

Comment se pratique, aujourd’hui, une collaboration « à parts égales » entre chercheurs de métropole et chercheurs des anciennes colonies ?

Clémentine Gutron – Envisager la manière dont se pratique une collaboration « à parts égales », c’est déjà postuler qu’elle existe. Or, si son existence est manifeste dans les discours officiels tant politiques ­qu’académiques, dans les faits, la répartition égalitaire peine cruellement à exister. Cette question mériterait la prise en compte de la singularité de chaque cas et de son histoire, tant les données sont variables. Dans cette nébuleuse, des cas de collaboration équilibrée existent assurément : par exemple, entre des équipes tunisiennes et françaises spécialisées en histoire contemporaine, dont l’action de recherche commune était soutenue par les partenariats Hubert Curien. Mais ce serait manquer de lucidité de dire que ce type de régime partenarial, qui est certes la règle sur le papier, s’exerce dans la pratique de manière systématique.

Tant il est obligé, le recours à l’expression « à parts égales » pour qualifier une collaboratio

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Karima Dirèche

Directrice de recherche en histoire au CNRS (TELEMMe), elle a récemment dirigé L'Algérie au présent (Karthala, 2019).

Clémentine Gutron

Historienne, chargée de recherche au CNRS, reponsable du programme FABRICAMAG, elle est l'auteur de L'Archéologie en Tunisie (XIXe-XXe siècles) (Harthala, 2010).

Emmanuelle Sibeud

Professeure en histoire contemporaine à l'université Paris 8 Vincennes-Saint-Denis, elle a notamment publié Une science impériale pour l'Afrique? (Éditions de l'EHESS, 2002).

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L'universel est à nouveau en débat : attaqué par les uns parce qu'il ne serait que le masque d'une prétention hégémonique de l'Occident, il est défendu avec la dernière intransigeance par les autres, au risque d'ignorer la pluralité des histoires et des expériences. Ce dossier, coordonné par Anne Dujin et Anne Lafont, fait le pari que les transformations de l'universel pourront fonder un consensus durable : elles témoignent en effet de l'émergence de nouvelles voix, notamment dans la création artistique et les mondes noirs, qui ne renoncent ni au particulier ni à l'universel. À lire aussi dans ce numéro : la citoyenneté européenne, les capacités d'agir à l'ère numérique, ainsi que les tourmentes laïques, religieuses, écologiques et politiques.