DR
Dans le même numéro

La croissance est-elle encore désirable ? Entretien avec Daniel Cohen

octobre 2015

Dans son livre, Le monde est clos et le désir infini, Daniel Cohen montre qu’en dépit de l’optimisme des prophètes de Google, nous vivons une révolution technologique dont l’effet sur nos économies reste incertain. La révolution numérique ne stimule pas de nouvelle croissance économique. Au contraire, elle fait perdre des emplois aux classes moyennes et creuse les inégalités. Il est donc urgent de protéger les travailleurs et de réduire l’insécurité sociale.

Dans son nouveau livre, Le monde est clos et le désir infini, Daniel Cohen montre qu’en dépit de l’optimisme des prophètes de Google, nous vivons une révolution technologique dont l’effet sur nos économies reste incertain. La révolution numérique ne stimule pas de nouvelle croissance économique. Au contraire, elle fait perdre des emplois aux classes moyennes et creuse les inégalités. Il est donc urgent de protéger les travailleurs et de réduire l’insécurité sociale.

Le monde est clos et le désir infini1 s’inscrit dans la continuité de mon précédent ouvrage, Homo economicus, prophète (égaré) des temps nouveaux2. Le point de départ en était le paradoxe d’Easterlin, selon lequel l’enrichissement des sociétés ne se traduit pas mécaniquement par une augmentation du bien-être. Par exemple, en France, le revenu a doublé en quarante ans sans pour autant provoquer une hausse visible du bien-être. Les économistes l’expliquent à partir d’un phénomène psychologique : la richesse donne lieu à un phénomène d’« habituation ». Certains psychologues disent que c’est la trace de l’évolution. Les humains auraient une capacit�

Lecture réservée aux abonnés : L'indépendance d'Esprit, c'est grâce à vous !

COHEN Daniel

Dans le même numéro

Les discours de haine en démocratie

La dignité des personnes contre la liberté d'expression

Les extrémismes au tribunal