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L'évidence du cauchemar. La violence des images djihadistes

juin 2016

#Divers

La violence des images djihadistes

Les images de violence extrême diffusées par les organisations terroristes ne sont pas des documents. Elles imposent un rapport inédit au vrai, qui exacerbe la peur et inhibe la pitié, à rebours de notre tradition iconographique.

Dans un essai qui fit scandale à l’époque, Sur Racine (1960), Roland Barthes recourut à cette définition apparemment efficace : « Violence : contrainte exercée sur quelqu’un pour l’obliger à faire ce qu’il ne veut pas1. » Barthes reprenait à son compte une conception de la violence comme force brutale exercée sur un autre, moralement, psychiquement ou physiquement, et assumait l’articulation à la perte de liberté qu’une telle conception impliquait. La violence dans sa puissance destructrice est une énergie négative, dont on accepte que l’intensité puisse avoir une capacité séductrice.

Dans un entretien daté de 1978, Propos sur la violence2, Barthes est à nouveau confronté à la définition du terme. Il établit

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Danièle Cohn

Professeure de philosophie à l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, elle est notamment l’auteure de L’Artiste, le vrai et le juste (Éditions rue d’Ulm, 2014). 

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