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La maladie dont on ne guérit pas. Table ronde

Médecins généralistes, psychologues et psychiatres se trouvent de plus en plus confrontés à une demande sociale de bien-être qui brouille parfois la frontière entre souffrance psychique et pathologie. Dans le même temps cependant, la valeur de la psychiatrie est difficile à faire reconnaître en période de restrictions budgétaires et d’évaluation omniprésente.

Esprit – La folie est un sujet dont on parle peu dans le débat public, comme s’il faisait toujours peur, alors qu’une culture psy diffuse accorde une visibilité nouvelle au thème de la souffrance psychique. Comment ressentez-vous cette évolution du point de vue de la demande des patients ? Pourquoi vient-on consulter ? Qu’est-ce qui déclenche le recours au médecin ?

Thierry de Rochegonde – Dans le cadre de mon travail à l’hôpital de jour, je vois peu d’évolution. Les personnes nous sont adressées après une crise, ce que l’on appelle en psychiatrie une « décompensation ». Elles sont d’abord hospitalisées à temps plein, puis transférées en hôpital de jour s’il ne leur est pas possible de reprendre rapidement leur vie sociale et familiale. Cela n’a pas

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