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Variations imaginatives autour d'une crise sceptique

novembre 2016

#Divers

À propos de la Fille inconnue de Jean-Pierre et Luc Dardenne1

Une jeune femme se penche sur le dos massif d’un homme d’âge mûr. Elle l’ausculte, écoute ses poumons. Son stagiaire hésite, puis propose un diagnostic. Ce premier plan de la Fille inconnue pose déjà la question, centrale dans l’histoire du scepticisme philosophique, de notre accès à la douleur d’autrui, et plus encore à son intériorité, ici par le truchement d’un stéthoscope. L’écoute, même médicale, ayant ses limites, quand la sonnette du cabinet retentit une heure après la fin des consultations, Jenny (Adèle Haenel) demande à son stagiaire Julien (Olivier Bonnaud) de ne pas ouvrir. Tout comme « il faut maîtriser ses émotions pour faire un bon diagnostic », « il faut se préserver et refuser les patients qui se moquent de toi en arrivant si tard ; ils ne respectent pas ta fatigue », lui dit-elle. Sur la base de certitudes initiales qui campent cette jeune femme médecin au bord de l’autoritarisme, le film construit un cheminement moral qui conduit le Dr Davin à vaciller et douter de son éthique de médecin et de femme quand elle apprend que la jeune fille à qui elle n’a pas ouvert ce soir-là

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