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Les poètes prophètes de Victor Hugo à Bob Dylan

janvier 2017

#Divers

I know I ain’t no prophet, peut-on entendre dans Long Time Gone de Bob Dylan, qui reçut en octobre 2016 le prix Nobel de littérature. Car le chanteur n’a eu de cesse de chercher à échapper à cette étiquette dont il s’est trouvé affublé très tôt par le public : celle de prophète de la jeune Amérique, celle qui avait 20 ans au début des années 1960 et dont Dylan a mieux que tout autre chanté la condition et les aspirations. S’il a très tôt accepté d’être qualifié de poète, Dylan ne voulut en revanche pas être un prophète. Pourtant, ce sont bien ces deux figures que l’Académie suédoise a simultanément consacrées. Celle du poète qui a ouvert la voie à « de nouvelles expressions poétiques », et celle du prophète, inscrit dans la « grande tradition de la chanson américaine », qui prêta sa voix à la jeunesse de ce pays.

La figure du poète prophète semble venir de la nuit des temps, du poème épique fondateur des peuples, qui sans cesse se renouvelle depuis le chœur du théâtre antique ou les bardes celtes jusqu’aux poèmes de la Résistance d’Aragon ou les Cendres de Gramsci de Pasolini. Qu’elle se chante ou s’écrive, la poésie entretient un lien étroit avec la prophétie.

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