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Photo : Erik Mclean
Dans le même numéro

Un droit à la survie ?

janv./févr. 2021

La crise du coronavirus, et la succession de mesures engagées pour y répondre ont mis au jour l’importance nouvelle du droit à la vie. Que sommes-nous prêts à tolérer au nom de ce nouvel impératif ?

Dans son intervention télévisée du 28 octobre 2020, le président de la République n’a utilisé qu’une seule fois le mot « vie ». C’était pour rappeler, si besoin en était, que la vie est désormais au-dessus de tout : « Rien n’est plus important que la vie humaine. » Tout était là pour rappeler que les décisions prises par l’exécutif depuis la mi-mars – et a fortiori les plus contraignantes : confinement, couvre-feu – sont vitales. Mais, à y regarder de plus près, n’est-ce pas plutôt de survie qu’il est question ? Cette vie réduite au strict minimum ou aux « bonnes raisons » (c’est-à-dire au travail), pour reprendre la formule du chef de l’État, n’est-elle pas la définition même de la survie ou de ce que Walter Benjamin appelle la « vie nue » par opposition à la « vie juste1  » ? En somme, ce qu’il reste de la vie après qu’on en a soustrait les plaisirs et les nécessités que nous lui attachons spontanément. La situation ressemble étrangement aux épidémies de peste de la fin du xviie siècle décrites par Michel Foucault : « Chacun enfermé dans sa cage, chacun à sa fenêtre, répondant à son nom et se montrant quand on le lui demande, c’est la grande revue des vivants et des morts2. »

En quelques mois

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Élie Tassel

Élie Tassel est titulaire  d'un doctorat en droit international et comparé obtenu à Paris I-Panthéon-Sorbonne.

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Les femmes sont au cœur de nombreux mouvements sociaux à travers le monde. Au-delà de la vague #MeToo et de la dénonciation des violences sexuelles, elles étaient nombreuses en tête de cortège dans le soulèvement algérien du Hirak en 2019 ou dans les manifestations contre le président Loukachenko en Biélorussie en 2020. En France, leur présence a été remarquée parmi les Gilets jaunes et dans la mobilisation contre le dernier projet de réforme des retraites. Dans leur diversité, les mouvements de femmes témoignent d’une visibilité et d’une prise de parole accrues des femmes dans l’espace public, de leur participation pleine et entière aux débats sur l’avenir de la cité. À ce titre, ils consacrent l’existence d’un « sujet politique féminin ».