Dans le même numéro

L’urgence du développement

Entretien avec Kamel Mohanna

avril 2018

#Divers

Kamel Mohanna, qui préside l’association Amel International, plaide pour une plus grande solidarité internationale pour répondre aux besoins des réfugiés syriens au Liban. 

Vous êtes président de Amel Association International[1]. En 2014, vous écriviez que « Liban et Syrie sont à nouveau indissociablement liés dans une tragédie humanitaire majeure[2] ». Comment caractériseriez-vous la situation actuelle ?

En janvier 2018, 997 552 réfugiés syriens sont enregistrés auprès du Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (Hcr) au Liban[3] (1 500 000 selon le plan libanais de réponse à la crise syrienne, auquel contribuent le gouvernement libanais, les agences des Nations-unies et les Organisations non gouvernementales [Ong]). Rapporté à la population française, cela équivaudrait à 22 millions de réfugiés. En France, les débats portent sur l’expulsion des migrants plutôt que sur l’accueil. Il est honteux que l’Europe ferme ses frontières comme une forteresse. Au-delà des responsabilités politiques de ses gouvernements, elle ne respecte pas les principes moraux et juridiques de l’asile.

Il faut ainsi saluer la générosité des Libanais et des réfugi

Lecture réservée aux abonnés : L'indépendance d'Esprit, c'est grâce à vous !

MOHANNA Kamel

Dans le même numéro

Comment se fait aujourd’hui le lien entre différentes classes d’âge ? Ce dossier coordonné par Marcel Hénaff montre que si, dans les sociétés traditionnelles, celles-ci se constituent dans une reconnaissance réciproque, dans les sociétés modernes, elles sont principalement marquées par le marché, qui engage une dette sans fin. Pourtant, la solidarité sociale entre générations reste possible au plan de la justice, à condition d’assumer la responsabilité d’une politique du futur. À lire aussi dans ce numéro : le conflit syrien vu du Liban, la rencontre entre Camus et Malraux et les sports du néolibéralisme.