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Un conte de Noël. La nouvelle Arcadie d’Arnaud Desplechin

août/sept. 2008

#Divers

Un huis clos durant les fêtes de Noël révélant les relations familiales : cette trame, qui constitue presque un petit genre cinématographique en soi, offre ici aux personnages l’occasion de s’affronter à leur liberté, par-delà les deuils et les doutes, pour renaître à eux-mêmes, selon l’injonction du « perfectionnisme » d’Emerson qui inspire le cinéaste.

Un conte de Noël1 d’Arnaud Desplechin s’ouvre sur une scène fameuse de la culture américaine transposée à Roubaix. Un homme d’âge mûr, Abel (Jean-Paul Roussillon), se penche sur la tombe de son fils, Joseph, décédé précocement. Aux proches réunis autour de lui, il déclare que cette perte ne l’atteint pas. En prêtant à ce père les mots que Ralph Waldo Emerson eut à la mort de son fils (« Expérience »), dans un décor qui reproduit fidèlement le cimetière de Concord et la tombe du fils du penseur transcendantaliste américain, Desplechin produit un effet d’étrangeté.

Mon fils est mort. Je n’éprouve pas de chagrin. La souffrance est une toile peinte. Les larmes ne me font pas mieux toucher le mond

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