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Apocalypse et consolation

juin 2014

#Divers

Longtemps, on s’est consolé de l’injustice du monde en pensant à l’avenir et au salut. Mais à l’heure où les crises écologiques font craindre une disparition pure et simple du monde, et que celui-ci est tout ce qui nous reste, en l’absence d’au-delà, l’urgence prend le pas sur l’attente, l’accélération sur le progrès, et la consolation menace de disparaître.

Longtemps, il a fallu se consoler de ce que le monde dure. « Combien de temps encore ? » : tel est, dans les Psaumes, l’énoncé d’une attente postérieure à la promesse. Autant que religieuse, cette promesse est sociale, puisque la fin imminente du monde doit nous consoler de son iniquité1. En dépit de tout ce qui sépare l’apocalyptique juive de l’eschatologie chrétienne, on retrouve ce thème dans les Évangiles, justement lorsque Jésus évoque la consolation : « Malheur à vous les riches, car vous avez votre consolation » (Luc, 6, 24). Le « riche » désigne ici celui qui s’accommode de la durée du monde. Les bienfaits matériels du présent lui font oublier la teneur d’une promesse portant sur un avenir qu’aucune richesse mondaine ne permet d’approcher.

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