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Le temps de la gauche

septembre 2016

#Divers

La gauche est en crise parce qu’elle a perdu sa foi dans le progrès, réformiste ou révolutionnaire. L’économie mondialisée s’impose à nous comme un avenir déjà réalisé et auquel il faudrait s’adapter. À cela, on peut opposer la force de l’ironie et le désir de rajuster le temps de la vie et le temps du monde.

Au début de son Discours à la jeunesse prononcé en 1903 au lycée d’Albi, Jaurès confesse une sorte de mélancolie. C’est dans ce même lycée que, vingt ans plus tôt, le jeune professeur de philosophie commençait sa carrière, un souvenir lointain qui l’amène à mesurer « ce que l’insensible fuite des jours a ôté de nous pour le donner au passé1 ». Cet aveu où perce la possibilité de l’échec est toutefois vite révoqué : « Qu’importe que le temps nous retire notre force peu à peu, s’il l’utilise obscurément pour des œuvres vastes en qui survit quelque chose de nous2. » À une jeunesse dont on peut croire qu’elle ne doute pas de ses propres forces, Jaurès prodigue une leçon de patience dans l’espoir. Ce qu’elle ne réalisera pas du premier coup, ce que l’orateur commence à pressentir qu’il ne le v

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