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Une passion venue de loin

mars/avril 2016

#Divers

Les mythes évoquent le fond violent de la colère, mais, comme Aristote, ils l’inscrivent dans une logique de réciprocité. Au contraire, l’État impérial et le monothéisme chrétien ont centralisé la colère dans un souverain. Assisterions-nous à une nouvelle dissémination de la colère ?

Dans le phénomène de la colère, quelque chose nous fascine. Il y a à cela bien des raisons. La première tient à son ambivalence. Qu’elle concerne un événement émotionnel individuel ou collectif, elle peut tout autant traduire la réaction légitime à une offense que manifester la prétention insupportable à dominer. Il y a la colère du tyran et il y a la colère du peuple ; il y a la colère du guerrier ou du tueur et il y a celle du dieu. Plus généralement, la colère semble relever d’un mouvement interne qui nous échappe : elle nous saisit, nous emporte. En cela, elle manifeste en nous un fond sauvage qui nous surprend, nous flatte peut-être, et tout autant nous inquiète. Son élément de spontanéité et de sincérité lui confère une dimension noble. On aura beau dénoncer ce qui, en elle, révèle une absence de contrôle, un défaut de sagesse, il n’empêche : la colère nous fait obscurément supposer que son excès même renvoie à de bonnes rais

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