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Des sociétés brutalisées. Entretien

mai 2016

#Divers

Entretien avec Ahmet Insel et Salam Kawakibi

L’insurrection syrienne contre la dictature a été réprimée dans le sang. L’opposition, loin de s’organiser, est récupérée par un discours religieux. La crise syrienne est compliquée par la guerre civile larvée qui sévit en Turquie et par la démission de l’Europe. Il y a pourtant une vitalité de la société civile syrienne.

Esprit — Cinq ans après les printemps arabes de 2011 et le début de la guerre en Syrie, comment est-on passé d’une dynamique révolutionnaire à un état généralisé de violence et de fragmentation, non seulement en Syrie mais dans toute la région ? Celles-ci s’observent-elles partout de la même façon ? Comment se compare la situation au Yémen et en Libye, en Syrie et par extension en Irak, ou encore au Liban ?

Ahmet Insel – En 2011, avec les événements en Tunisie et leur propagation très rapide en Égypte, au Yémen, puis en Libye et plus tardivement en Syrie, on a cherché comment qualifier ces mouvements. Le terme de « printemps », qui s’est imposé en référence aux révolutions européenne de 1848, n’est peut-être pas si inapproprié, si on se rappelle tout ce q

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INSEL Ahmet

KAWAKIBI Salam

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Nous sommes fatigués du Moyen-Orient : nous ne le comprenons plus, nous ne voulons plus y intervenir, et nous nous replions sur nous-mêmes face à l’afflux de réfugiés. Le dossier, coordonné par Hamit Bozarslan, propose un éclairage historique, sociologique et politique sur les crises qui défont et recomposent le Moyen-Orient, en particulier la tragédie syrienne.