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La guerre contre l'histoire

mai 2016

#Divers

La récente destruction de Saint-Élie de Mossoul, le plus vieux monastère chrétien en Irak, par l’organisation État islamique, pose, une fois encore, la question de la protection de la mémoire historique de l’humanité en temps de conflit et de guerre. Il ne fait pas de doute que cet acte de décivilisation et de destruction laisse un goût amer d’irresponsabilité et d’absurdité. Nous pensons tous que cela n’aurait pas dû avoir lieu. Mais cela a eu lieu et nous ne pouvons pas nous y résoudre. Nul ne le peut.

Rien n’est plus fragile – rien n’est plus facile à détruire – que le passé, qui est à la merci de l’histoire. La mémoire historique nous ouvre au passé de l’homme, mais elle pâtit de l’émoussement de notre conscience de la civilisation comme destin commun. À cet égard, tourner le regard vers le passé, ce n’est pas seulement rendre une courtoisie à l’histoire, c’est reconnaître ce qui est nécessaire à notre survie au présent. Ainsi, la quête d’une identité partagée par l’humanité s’inscrit dans le besoin permanent de conserver le patrimoine. Si nous n’avons pas constamment à l’esprit que nous sommes membres d’une civilisation humaine, nous douterons toujours de notre propre valeur et du respect de nous-mêmes.

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