Hans Hartung, T1973-E12, 1973. Acrylique sur toile, 154 x 250 cm. © Fondation Gandur pour l’Art, Genève. © ADAGP, Paris, 2019 Photo Sandra Pointet.
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Hans Hartung. La fabrique du geste

Musée d’Art moderne de Paris, jusqu’au 1er mars 2020

janv./févr. 2020

D’un bout à l’autre du parcours créatif de Hans Hartung, c’est l’intériorité qui commande, le travail de l’esprit.

Quand Hans Hartung est mort, il y a trente ans, quelques semaines après la chute du mur de Berlin, ce peintre était déjà considéré comme un « classique », au sens où l’on peut le dire, sans ironie, de Picasso. Catherine Millet l’avait déjà écrit, quinze ans plus tôt, en 1974, dans Art Press, dans un texte aussi solidement charpenté qu’admiratif. « Classique. Voilà peut-être de quoi décevoir ceux qui pensent la peinture en termes de records, de coups d’éclat ou de “ruptures radicales” », expliquait-elle. « La peinture est une pratique dont la portée théorique est à lire dans le lent grattage qu’elle opère des sédiments idéologiques déposés tout au long de son histoire. Pour ça, les pseudo-ruptures radicales échouent, pour ça, les peintres qui ont remis le plus de choses en question ont souvent été aussi des classiques. La subversion du geste d’Hartung, le travail par ce geste de la couleur, n’a de sens que dans son affrontement d’un espace déjà rigoureusement construit et défini, véhiculant les lois les plus anciennes de la peinture. La peinture est muette et court donc toujours le risque de laisser d’autres

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Jean-François Bouthors

Editeur, journaliste et écrivain, il est l’auteur de plusieurs livres, dont La Nuit de Judas (l’Atelier, 2008), Paul le Juif (Parole et Silence, 2011), Délivrez-nous de "Dieu". De qui donc nous parle la Bible ? (Médiaspaul, 2014), Comment Poutine change le monde (François Bourin, 2016), Nous, Français (L’Observatoire, 2018) et, avec Jean-Luc Nancy, Démocratie ! Hic et nunc (François Bourin, 2019).…

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L'universel est à nouveau en débat : attaqué par les uns parce qu'il ne serait que le masque d'une prétention hégémonique de l'Occident, il est défendu avec la dernière intransigeance par les autres, au risque d'ignorer la pluralité des histoires et des expériences. Ce dossier, coordonné par Anne Dujin et Anne Lafont, fait le pari que les transformations de l'universel pourront fonder un consensus durable : elles témoignent en effet de l'émergence de nouvelles voix, notamment dans la création artistique et les mondes noirs, qui ne renoncent ni au particulier ni à l'universel. À lire aussi dans ce numéro : la citoyenneté européenne, les capacités d'agir à l'ère numérique, ainsi que les tourmentes laïques, religieuses, écologiques et politiques.