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La société décente ou la politique au temps des catastrophes

décembre 2016

#Divers

Le programme d’une société décente, critique du primat kantien du juste sur le bien, abandonne pourtant la perspective d’un bien commun pour, simplement, éviter d’humilier. Cela passe par de quoi se nourrir, se loger et les garanties de l’État de droit.

Par-delà les violences terroristes qui se sont accumulées, notamment en France depuis un an et demi, et tendent à occuper tout notre espace mental, le malaise actuel au sein du « club Europe » fait penser à celui qui se développa dans l’entre-deux-guerres1. Ce malaise tient en partie au déni des valeurs que nous affichons. L’inégalité s’est amplifiée : quand l’écart de revenu entre un grand patron et le salarié le moins payé était de 1 à 50 au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, il est aujourd’hui de 1 à 5002. Les inégalités de revenus se doublent dans plusieurs pays de l’incapacité à réduire un chômage qui touche massivement les segments de la population les plus vulnérables – jeunes sans qualification, femmes, seniors. Enfin, au sein de ce club, la solidarité se délite. Les fractures ne résultent pas seulement des exclusions qu’opère insidieusement l’argent : des frontières intérie

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par Lagrange Hugues


Sociologue, son travail porte sur la socialisation des jeunes, dans trois dimensions : l'école et l'accès au travail, les territoires et la mobilité géographique, l'entrée dans la vie adulte. Ses enquêtes portent sur la violence, l'entrée dans la sexualité, l'usage des drogues, la prostitution, le décrochage scolaire et les récits...

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