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L'empreinte urbaine dans la culture française (entretien)

décembre 2010

#Divers

Pays rural et centralisé, pays à État fort, la France n’a jamais accordé une grande place à la ville dans son imaginaire. Pourtant, celle-ci marque l’espace depuis la période médiévale où elle commence à s’imposer. Comment la ville a-t-elle pris place dans le monde médiéval, ses divisions, ses hiérarchies, ses autorités ? Et quel enseignement en tirer aujourd’hui ?

Esprit – Nous voulons aborder avec vous quelques aspects de la culture urbaine au Moyen Âge. Pour reprendre les termes de votre article « Le désert-forêt au Moyen Âge1 », la ville ne s’oppose pas à la campagne, mais au désert, souvenir spirituel de la retraite du Christ, et à la forêt, associée dans les imaginations aux barbares. Pouvez-vous préciser ces oppositions ?

Jacques Le Goff – Il faut d’abord rappeler que la ville médiévale est une création nouvelle. Dans ce qu’on appelle le haut Moyen Âge (500-987), la majorité de la population est encore rurale. Les villes sont en quelque sorte des cités antiques en décadence, bien que de récentes fouilles archéo

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