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Le retrait résidentiel

La vogue des résidences fermées correspond à des impératifs économiques, mais également à des choix résidentiels. Les habitants de ces ensembles veulent bénéficier de la protection de l’individuel par le collectif, sans pour autant ressentir l’étouffement de la ville ni la pression du village ; ils veulent pouvoir délimiter leur propre territoire, et s’y sentir tranquilles.

Vivre en pavillon permet d’aménager son espace domestique intérieur et extérieur. Planter une haie touffue pour préserver son intimité ou choisir une palissade basse et ajourée sur laquelle s’accouder pour le brin de causette avec le voisin, aménager des coins et des recoins, embellir le jardin avant pour satisfaire l’œil du passant ou en guise de bienvenue, faire le potager dans le jardin arrière, installer un abri pour ranger ses outils de bricolage et finalement construire un véritable atelier, transformer son garage en buanderie, en atelier d’artiste ou en salle de jeux pour les enfants... sont autant de variations personnelles dans la manière d’habiter son pavillon.

C’est justement cette possibilité de transformer, modifier, décorer, clore ou planter, qui anime la préférence des habitants pour la maison individuelle comparativement à toute autre forme d’habitat. « L’homme moderne habite en poète, disait Henri Lefèbvre, son habiter est un peu son œuvre1. » L’appropriation renvoie à une tendance presque élémentaire qui consiste à marquer son espace de vie. Cette mécanique est donc celle qui fait apparaître la dimension personnelle. Et l’objectif est en effet précisément de rendre propre quelque chose, de l’adapter à soi et de le transformer en un support de l’expression de soi.

La maison est un donné en quelque sorte inachevé, qui ne prend pleinement sens de chez-soi qu’à l’occasion de pratiques qui lui font porter la marque de l’habitat et ainsi la faire sienne2.

L’habitat, support à la construction de soi, fait ainsi référence au monde intérieur de l’habitant, à son intimité. Cette notion clé nous fait alors comprendre toute la portée signifiante du chez-soi. Mais l’intimité est d’abord une fonction moderne. C’est une construction sociale élaborée au fil des siècles, à mesure que l’on a valorisé le privé en le dissociant du public, par la démarcation des sphères et des destins publics et privés. Elle apparaît en même temps que, dans la société, la construction de l’individu devient de plus en plus un objectif et l’affirmation de soi un but. L’intimité permet donc de construire ce rapport à soi et l’espace domestique lui en fournit le cadre en permettant un retrait personnel. Cependant, ce retrait est aussi porteur d’un

potentiel d’aliénation […] de renonciation à la disponibilité envers autrui […] d’absence de l’habitant au monde et à ses conflits, menacé d’oubli de l’hospitalité […]. La question du chez-soi est résumée par cette tension entre le pôle de construction identitaire et la conscience de soi et de son rapport au monde et le pôle des tentations casanières et des enfermements domestiques à l’écart des heurts de la vie sociale3.

Dans les années 1960, au moment où triomphe le goût du pavillonnaire, cette séparation entre le public et le privé concerne en particulier la vie hors travail et la vie au travail. Les pratiques quotidiennes de l’appropriation renvoient alors à ce chez-soi domestique qui est le lieu de la liberté, de l’autonomie, du pouvoir faire, et contraste avec la vie du travail, gouvernée par des formes collectives, de la société, de l’entreprise (industrie) et des formes de gouvernance de cette entreprise (patronat, syndicat…). Mais plus généralement, le chez-soi distingue ce qui ressortit à soi et ce qui ressortit aux autres et se situe dans une position de centre (et peut-être d’arbitrages).

Le chez-soi est le centre de la socialisation : d’un côté, il conduit à l’intimité, de l’autre aux voisins4.

La limite posée entre le dedans et le dehors est donc cruciale pour contenir la capacité d’influence, d’intrusion et d’agression du monde extérieur dans son chez-soi (bruits et voisins, collectivité), elle est garante du calme, de la tranquillité, de l’absence de troubles si souvent évoqués par les pavillonnaires, qui permettent en fait de faire exister l’intimité créatrice de soi.

Mais, en 2012, dans les enclaves résidentielles que nous voyons vivre et se développer, on ne trouve pas ces conditions favorables à l’affirmation de soi. L’espace fourni aux locataires ou aux co - propriétaires d’un ensemble ne laisse pas autant de souplesse. L’appartement est déjà « saturé » par un projet ou un ensemble de fonctions prédéterminées et ne laisse pas de place « pour une fonction essentielle du logement : sa propre élaboration par l’habitant5 ». Et on observe la même chose pour les ensembles de maisons individuelles, où la surorganisation de l’espace peut apparaître pourtant comme un véritable « contresens » vis-à-vis des tendances à l’appropriation de l’habitant. C’est le mode de construction qui conduit, à travers les cahiers des charges des promoteurs constructeurs, à uniformiser dès le départ l’aménagement de la maison et des jardins. C’est le fonctionnement collectif de l’ensemble et les règlements associés qui privent ensuite l’habitant de sa compétence d’aménageur qui guidait pourtant son choix pour la maison individuelle : son droit de clore, de planter, de transformer, d’ordonnancer est dorénavant soumis aux décisions de la copropriété et la plupart du temps fortement contraint, sinon frustré.

Comment se fait-il alors que ces enclaves résidentielles trouvent un public qui semble apprécier ce mode d’habiter pavillonnaire ? Certes, on voit bien que l’achat de maisons dans ces enclaves s’inscrit dans une équation prix/accessibilité : prix du logement, accessibilité à l’emploi et à l’école (ou localisation avantageuse par rapport aux établissements scolaires visés). Inévitablement, les moins à l’aise sont chassés des zones centrales. Sauf pour les quartiers sociaux proches des centres, la ségrégation sociale continue de se lire dans un mouvement radioconcentrique, et l’étalement urbain continue majoritairement de s’expliquer par la recherche d’un logement moins cher, avant même de chercher un environnement résidentiel adapté à soi. La taille du logement, du terrain, la qualité architecturale sont encore bien évidemment guidés par des questions de prix. L’accessibilité à l’emploi vient ensuite se combiner au critère financier. Accessibilité plutôt que proximité, dans la mesure où avec le développement des infrastructures, les enquêtes de déplacements et de transports montrent que le temps moyen de déplacement quotidien ne varie pas tant d’une année sur l’autre mais que grâce à la plus grande rapidité des transports, on peut aller plus loin avec le même temps. Une fois ces équations résolues, une certaine marge de manœuvre peut exister pour le futur résident dans le choix de son type d’habitat, sitôt récupérée par les dispositifs financiers mis sur la table par le commercialisateur des programmes ou les opérateurs immobiliers. Ce n’est donc pas tant qu’on choisit d’habiter dans une résidence de forme enclavée et introvertie, ou une résidence fermée, mais, comme le montrent toutes les enquêtes, on les apprécie. Et pourtant, elles viennent bien contrarier les tendances existentielles à l’appropriation et à l’organisation de l’espace qui animent le rapport à l’habitat des Français depuis tant de décennies ! À quoi tient donc ce succès ? À ceci, dira-t-on, que le collectif institué par ces enclaves est constitué de telle sorte qu’au lieu de menacer l’intimité de l’individu, il lui fournit un cadre rassurant devenu nécessaire dans une société où vie au travail comme vie publique d’une manière générale sont perçues comme plus compliquées, plus incertaines, plus chargées de menaces.

La territorialité tranquillisante

« Pourquoi avez-vous choisi cette résidence plutôt qu’une maison indépendante ou toute autre forme d’habitat ? » Posée aux habitants des résidences enclavées, cette question recueille des réponses si franches et directes que cela donne à penser qu’elles relèvent pour eux de l’évidence. Et, toujours, le mot tranquillité y occupe la place principale. Riche et polysémique, ce terme va tout autant énoncer l’absence de bruit, une certaine sérénité dans les rapports sociaux entre voisins ou encore l’éloignement des nuisances urbaines et des risques qui y sont associés. Mais principalement, il va désigner, dans la parole des habitants, deux éléments : d’une part, l’absence du risque de survenue d’un trouble, de heurts ou de conflits avec le voisinage ou des personnes extérieures à celui-ci et, d’autre part, la maîtrise des nuisances et des risques dus à la circulation et à la voiture, ce thème étant corrélé au souci de la protection des enfants mais aussi à une atmosphère sonore paisible. Il faut rappeler que ces ensembles sont bien souvent habités par des familles, avec des enfants qui rêvent de jouer au ballon sur le bitume des rues.

La morphologie enclavée rend possible cette tranquillité, à travers deux effets : l’exclusivité et la territorialité. Le principe même de l’enclavement réside dans l’attribution d’un espace à des « ayants droit », les résidents des voies incluses dans le périmètre de l’enclave. L’étranger, l’intrus, le passant, le badaud n’ont donc pas de raison d’être là, d’emprunter cette rue. Il y a exclusivité de son usage au profit des seuls résidents. Et ce sont bien les caractéristiques morphologiques de l’ensemble qui induisent cette exclusivité : une déconnexion d’avec le maillage externe (à travers l’usage des configurations élémentaires de voiries de l’impasse, la boucle ou la raquette), une personnalisation de la rue (partagée par le moins de riverains possibles. Si l’ensemble est vaste, son espace est décomposé en une addition de miniquartiers pour reproduire ce principe de personnalisation), le marquage des seuils (la limitation du nombre d’accès crée un contrôle symbolique, l’entrée et la sortie de l’ensemble se faisant par un passage bien localisé). La forme des ensembles, leur enclavement, produit alors un effet de territorialité et une séparation visible avec l’environnement immédiat. Mais elle réfère aussi à une dimension des pratiques habitantes et des représentations qui les accompagnent.

En psychologie environnementale, on appelle « effet de territorialité » un comportement induit par une zone contrôlée par un individu ou un groupe. À l’échelle de l’espace domestique, ce contrôle passe par un marquage qui s’effectue à travers

des objets personnels – évoquant ainsi une identification psychologique de l’individu à son territoire – et manifestant un usage exclusif ou une possession légale6 […].

La territorialité rime avec privé, possession, propriété, appartenance (sens psychologique). À l’échelle de la résidence, les espaces intermédiaires, enclavés, sont attribués au groupe de résidents qui les habitent et sont « propriété » du groupe. Les résidents « possèdent » ces espaces de vie commune, au sens de sentiment d’appartenance, et se sentent alors concernés par leur usage, leur entretien et leur protection. La notion de contrôle, appuyée par le caractère privé, se retrouve ainsi au centre de la notion de territorialité. C’est sur ces idées qu’Oscar Newman a d’ailleurs développé son concept d’espace défendable (Defensible space) comme stratégie de sécurisation de l’espace résidentiel par son aménagement. En dessinant de mini-espaces dont la configuration permet de signaler l’appartenance au groupe de résidents qui y vit, on encourage ce groupe à la territorialité et aux pratiques correspondantes : entretien, sociabilités et surveillance… Et cela contribue à leur sécurisation7.

La territorialité refoule donc les risques de conflits, de troubles et d’imprévus à l’extérieur de la résidence. Par-delà l’idée de tranquillité, en creux et en finalité, il s’agit bien de contrôle et de maîtrise.

Le bénéfice du collectif

Le calme et la tranquillité bénéficient de la forme enclavée, qui induit cependant une forme de collectif dont les habitants semblent mesurer les bienfaits. Nous donnerons à voir la forme de ce collectif en évoquant rapidement les résultats de plusieurs enquêtes menées dans des résidences franciliennes de ce type mais occupées par des catégories sociales sensiblement différentes8. Toutes montrent la façon dont la gestion collective de ces ensembles sert à souligner l’unité du lieu. Mais elles révèlent surtout que le bénéfice du collectif tient à sa fonction de protection de l’intérêt individuel.

De cet avantage procuré à l’individu par le collectif, le fonctionnement d’un ensemble de standing comme la résidence ouverte mais enclavée du Parc de la Pompadour à Étiolles en est tout particulièrement représentatif. Destinée à des propriétaires en deuxième accession (la cinquantaine avec grands enfants), la résidence a été construite en partie sur un domaine boisé par Kaufman and Broad à la fin des années 1980 (une des dernières grandes opérations de ce genre pour ce promoteur). Les voies et les espaces verts ont été rétrocédés à la ville dès le départ et leur entretien est réalisé par la communauté d’agglomération. La gestion collective repose sur deux modalités. D’une part, un principe d’autogestion pour l’entretien de la résidence a été adopté pour maximiser les qualités de ces missions. Les résidents tondent eux-mêmes les pelouses des trottoirs (publics) longeant leur propriété : « On n’est jamais mieux servis que par soi-même », nous dit le président de l’association syndicale libre (Asl). D’autre part, les résidents confient à ce dernier leurs pouvoirs de propriétaires en ce qui concerne leurs demandes de permis de construire pour des travaux d’aménagements mineurs sur leurs espaces privés (rehaussement de garages, aménagement de vérandas…). Le président s’occupe alors de « pré-instruire » les demandes puis de procéder aux arbitrages, tâche qui revient normalement aux services de la ville. Ces derniers n’ont plus qu’à signer, soulagés d’une charge de travail finalement difficile à assumer pour ce type de petites communes. Pour les résidents d’Étiolles, cadres moyens et supérieurs tout à fait à même d’assumer de telles tâches, concéder son droit à construire au président de la copropriété signifie bien qu’il y a intérêt à se défaire de ce droit pourtant intimement lié au statut de propriétaire. De fait, par cette double « privatisation » des modes de gestion (internalisation et mainmise sur des missions publiques), il s’agit de maîtriser le destin de la résidence, d’assurer sa tranquillité, mais aussi de maintenir l’ensemble dans son état initial et pérenniser le style conçu par le promoteur. Les résidents ont en effet acheté le style de la résidence, où l’habitat sert d’instrument de distinction sociale ; la gestion collective doit protéger ce statut. Il s’agit enfin de préserver la valeur immobilière du bien individuel, par la maîtrise des unités de logements comme des espaces communs. L’adhésion de ces résidents à ces modalités de gestion signifie bien l’intégration de l’idée que le collectif possède une capacité à protéger l’individuel et donc l’acceptation d’une priorité du destin de la résidence sur la propriété individuelle.

Le bénéfice du collectif est évident à l’échelle individuelle. Et cela se vérifie dans d’autres contextes financiers, comme nous le montre l’exemple d’un ensemble habité cette fois par des primo-accédants issus de la classe moyenne. La résidence, fermée, des Maisons du Parc à Évry, en Essonne, se compose d’une soixantaine de maisons construites en 2003. La même internalisation de certaines missions d’entretien et de maintenance y a été proposée par le président de l’association de copropriété (une association syndicale libre). Cependant dans le cas d’une résidence fermée, l’Asl a la charge de l’ensemble des espaces communs qui sont et restent privés. « Nous avons cinquante-huit lots, avec tous les corps de métiers représentés. » Au lieu d’employer des entreprises extérieures qui coûtent cher, le président paye donc des résidents qui se font aider par d’autres résidents bénévoles. Le matériel nécessaire est acheté sur le compte de l’Asl9. Pour cette population relativement marquée par l’endettement consécutif à l’achat, la réduction des coûts pour l’emploi d’entreprises extérieures signifie une réduction des charges significative.

Le troisième cas que nous allons évoquer, celui de l’ensemble fermé du Clos Village de Ris-Orangis, nous montre comment l’instauration de ce fonctionnement collectif nécessite parfois de lever certaines frustrations inhérentes à la condition de propriétaire. Construit en 2002, cet ensemble comprend soixante maisons en bande qui se sont vendues, rapidement, à bas prix, à des familles avec enfants, principalement issues du parc locatif social de la ville ou des communes voisines et inscrites dans une trajectoire résidentielle ascendante. Ici, l’adhésion au principe de gestion collective n’a pas été immédiate. L’association de copropriétaires a été constituée au départ en association syndicale libre. Mais, après un certain nombre d’affrontements à propos du règlement (voiture mal garée, aménagements non conformes…) et une dizaine de déménagements de familles insatisfaites, l’Asl a été dissoute et remplacée par une structure plus souple. Le règlement de la copropriété a alors été amendé pour légaliser des travaux déjà réalisés et autoriser les propriétaires à clôturer leurs jardins ou à construire des marquises. C’est que, issus du logement collectif social, ceux-ci souhaitaient échapper au poids du fonctionnement collectif dont ils venaient précisément de s’émanciper ! Le président de ce qui est devenu un conseil syndical nous a expliqué qu’il y allait surtout d’un problème d’acculturation à un principe de gestion collective où chacun se trouve responsabilisé. La problématique à laquelle il s’est dit confronté tenait donc au passage du statut d’occupant-locataire d’un immeuble collectif à une « mentalité » (sic) de propriétaire d’une maison individuelle située dans un ensemble, donc responsable de son bien mais aussi de sa résidence. Qui plus est, dans un ensemble fermé, « un peu isolé, il faut gérer nous-mêmes, être d’autant plus responsables ». Il explique, ensuite, comment il a réussi tant bien que mal à les entraîner dans une gestion collective : à force de conseils et de démonstrations du lien entre les dégâts sur les espaces communs et les frais de réparations, il a, en particulier, réussi à faire baisser les charges par rapport aux budgets prévisionnels. Pour une population à la situation financière tendue, la question d’une gestion collective tourne finalement principalement autour du coût. L’idée de partager des dépenses est difficile dans la mesure où on a déjà du mal à dépenser pour soi. C’est donc par l’argument financier que le président a convaincu les propriétaires, et ils participent dorénavant aux assemblées générales, preuve de leur adhésion au système. Mais il a fallu contrarier les premiers réflexes d’appropriation pavillonnaires.

Ce qui s’apparente à des stratégies de protection de l’espace résidentiel s’étend ensuite à des stratégies de défense contre les interventions dans le voisinage immédiat de la résidence, témoignant d’un sentiment de devoir maîtriser, en plus de sa résidence, l’environnement alentour. Cette attitude, baptisée Nimby (not in my backyard), correspond à l’action de collectifs de résidents contre tout ce qui peut menacer leur quiétude ou la valeur de leurs biens : la construction d’une opération de logements sociaux, d’une voie de chemin de fer, d’un équipement public… autant de nouveaux aménagements susceptibles d’entraîner une augmentation de la fréquentation des lieux qui viendrait altérer leur équilibre ou leur tranquillité. C’est sans doute là l’expression ultime de cette idée qu’à plusieurs, on est plus fort pour se protéger. L’exemple du Village Levitt en Essonne en rend compte. Cet ensemble très sophistiqué, de plus de mille six cents maisons individuelles, conçu dans un style architectural et paysager aujourd’hui hissé au rang patrimonial, a été construit dans les années 1970. Il est géré par huit associations foncières urbaines libres (soit une formule de copropriété). Ces Aful ont récemment combattu un projet de zone d’aménagement concerté (Zac) prévu dans son voisinage, et parmi les stratégies déployées, on retient le rachat, par l’une d’entre elles, d’une pointe de terrain pour empêcher toute possibilité d’ouverture d’une voie entre les deux quartiers. Mais le coup final aura été donné aux élections locales ; l’équipe municipale initiatrice du projet n’a pas résisté aux résidents du village, pesant pour un quart des électeurs de la commune. On pourrait aussi citer la pétition lancée pour contrer un projet de centre pour handicapés prévu dans la résidence, par peur des nuisances engendrées par les allées et venues générées en termes de circulation, ou les procédures engagées contre l’ouverture d’un cabinet de kinésithérapie.

Dans toutes les résidences ainsi prises en exemple, les habitants ont intégré les bienfaits d’une stratégie de protection de l’individuel par le collectif. Le collectif devient un véritable outil au profit de l’intérêt individuel, appuyé sur le principe morphologique de l’enclavement et le processus symbolique de la territorialité. Et l’on voit que ces stratégies collectives de maîtrise de l’espace et de l’environnement résidentiels ont comme objectif la protection de la rente foncière (concernant l’environnement) et de la valeur immobilière. Les modes de gestion en sont la garantie, en visant l’optimisation de la qualité d’entretien (dans laquelle on s’investit pour s’en assurer) et la stabilité dans le long terme de la valeur de ce patrimoine. La notion de patrimoine comprend donc ici à la fois la maison et la résidence, à laquelle il faut ajouter un troisième degré ou niveau concernant l’environnement immédiat ou voisin, le paysage ou le milieu environnant, dont parlent les stratégies de Nimby. Ainsi, la maison dans une enclave est imbriquée dans une échelle à trois niveaux : l’espace privé et intime de l’espace domestique, l’espace commun et collectif de la résidence, l’espace public extérieur du milieu environnant.

Loin de chercher à vivre seul et isolé dans sa maison, on voit se dessiner pour les résidents des enclaves un collectif protecteur de l’intérêt individuel. C’est en vertu de cette protection qu’on accepte ses contraintes et qu’on y soumet pour partie son projet individuel. Le bénéfice du collectif fait donc accepter aux résidents la frustration des désirs associés à la condition du pavillonnaire « classique ».

Les sociabilités discrètes

Un jeune homme, en location dans une résidence fermée à côté de Toulouse, nous explique comment il investit son espace extérieur, un minijardinet en devanture.

Il y a un petit bout de jardin, plutôt une terrasse, où je peux garer mes motos et où on peut prendre un verre. On a mis des pots de tomates et de menthe. C’est bon, ça suffit.

(Jeune homme en couple sans enfant, locataire, résidence fermée de logements collectifs, Saint-Orens.)

En écho, une femme retraitée et installée dans son pavillon depuis la construction de son lotissement, interrogée en train de jardiner, nous raconte ce qui suit.

Mes enfants habitent dans un lotissement neuf. Mais ils ne font pas de jardin, car c’est fatiguant pour les jeunes. Pourtant, le jardin, c’est accueillant, c’est important.

(Femme retraitée, mariée, lotissement enclavé des années 1970, Labège.)

Quand cette femme nous dit « Pourtant, le jardin, c’est accueillant, c’est important », c’est d’hospitalité dont il est question. Elle parle bien de son chez-soi, ouvert et accueillant aux voisins, aménagé de façon à leur signifier l’hospitalité, tout en marquant la limite de l’intimité domestique. Mais le jeune homme de la résidence fermée ne jardine pas, lui. Comme d’autres, il se « glisse » dans l’aménagement déjà surchargé de son logement et se soumet aux contraintes du cahier des charges paysager. Cela signifie-t-il que la vie collective disparaît et que les ménages se centrent davantage encore sur la sphère de l’intimité domestique, au détriment des relations de voisinage si importantes dans le monde pavillonnaire habituel ? Si on s’investit moins pour les autres, quelle place accorde-t-on aux autres justement en termes de sociabilités ? Ce que l’on comprendra alors, c’est qu’il y va plutôt d’un sens particulier donné à ce collectif résidentiel. En plus d’être utile, pour protéger la valeur immobilière et la tranquillité, le collectif est aussi apprécié pour une certaine forme de sociabilité qui lui est propre et que nous qualifierons de discrète à partir des entretiens réalisés auprès des habitants de différentes résidences de ce type situées dans la périphérie de la ville de Toulouse.

« Pourquoi habitez-vous là ? » À cette simple question, les résidents répondent en invoquant, bien sûr, les avantages environnementaux du site, mais également la qualité de la vie relationnelle.

À cause de la géographie, la vue sur les Pyrénées et la proximité de l’autoroute qui nous conduit à notre résidence secondaire sur la côte. On vient du centre-ville de Toulouse, où on avait un appartement de fonction par mon mari. On a choisi le lotissement pour la sécurité et l’environnement : on n’est pas tout seul, on a des voisins, l’accueil est chaleureux.

(Femme de 60 ans, mariée, tout juste retraitée, propriétaire depuis un an, lotissement enclavé des années 1970, Labège.)

Parce que c’est au calme. En dehors de la ville, du bruit. On connaît nos voisins, en ville, on ne se connaît pas, en appartement, on ne se parle pas. C’est aussi pour le plaisir du jardin, la qualité de vie. On est ici depuis 1973. L’avantage du lotissement, c’est d’avoir des voisins sans être les uns sur les autres. Les relations de voisinage sont sympas, on se prête des outils de jardin, on s’invite à l’apéritif.

(Femme retraitée en train de jardiner, mariée, même lotissement.)

Dans le discours de ces deux femmes retraitées au parcours différent mais habitant le même lotissement, on identifie clairement la recherche de l’effet résidence que crée le lotissement : le plaisir d’être seul… mais sans se sentir isolé. L’une vient de la ville, l’autre de la campagne, mais elles partagent ce besoin personnel d’une solitude bien entourée.

D’autres entretiens nous indiquent que les habitants de ces résidences neuves fermées ou enclavées apprécient la légèreté du fonctionnement collectif qui ne leur impose rien, tout comme ils ne souhaitent pas se retrouver un parmi tant d’autres dans un milieu anonyme et densément peuplé, ni seul dans un logement hors résidence.

Ici, c’est bien, c’est calme. Non, il n’y a pas de vie sociale dans la résidence.

(Jeune femme en couple, locataire, résidence fermée de logements collectifs, Saint-Orens.)

[Ici, on n’est] pas isolé, pas collé non plus. Nous, ce qu’on veut, c’est juste : bonjour vous allez bien, pas trop de conversation, un compromis. Mais je ne voudrais pas habiter en ville. Je ne supporte pas le centre-ville, trop fourmilière. J’ai besoin de calme.

(Jeune homme en couple sans enfant, locataire, résidence fermée de logements collectifs, Saint-Orens.)

Parce que c’est calme. C’est tranquille. Et puis, on n’est pas tout seul. Moi, je viens de la ville au départ, de Paris. Je voulais être à la campagne, mais à côté de Toulouse. Je ne voulais pas me sentir isolée. On vient de Saint-Orens, on avait la même chose, mais en mitoyenneté. Là, c’est notre deuxième achat.

(Femme mariée avec trois enfants adolescents, lotissement neuf d’une dizaine de maisons en impasse, Louzerville.)

On entend donc ici un appétit pour une forme de collectivité, mais une collectivité discrète, qui n’oblige pas, qui laisse libre du retrait dans la sphère privée de l’espace domestique tout en indiquant qu’on sait vivre à plusieurs. On se trouve alors bien loin des projets résidentiels axés sur un projet communautaire, à l’exemple des Castors des années 1960 (ou des formes primitives d’Emmaüs), dont les opérations d’autopromotion nommées « habitat groupé » s’inspirent. Ici, dans les résidences enclavées, il n’est pas question de vie communautaire. Le mode de sociabilité dans les enclaves engage au respect de la vie privée et de la centration sur l’espace domestique. Il affirme une appartenance à un collectif, mais seulement dans la mesure où celui-ci est utile à ce retrait, qu’il vient le doubler et, en quelque sorte, le protéger. Il doit se montrer, par conséquent, discret. La tension entre individuel et collectif que pose le choix de vivre dans une résidence quand on souhaite en fait se centrer sur soi se résout ainsi par la pratique de la sociabilité discrète. Éric Charmes parle de « cordiale ignorance » pour qualifier les relations de voisinage dans le périurbain10. La cordialité est le « côté chaud des relations de voisinage », qui fait référence à l’imaginaire villageois animant les représentations de ces habitants qui s’érigent souvent contre l’anonymat des villes. Elle est alors « tempérée par l’instauration d’une distance protectrice » – l’ignorance – qui la fait se départir du versant négatif de la vie villageoise traditionnelle : une pression sociale forte, voire étouffante, de normes et conventions sociales (ce qui avait en partie insufflé un sentiment de liberté, au moment des exodes ruraux, chez les nouveaux habitants des villes).

L’ambition générale de ce mode de vie, axée sur la tranquillité, est justement d’évacuer tout risque de conflit, qui pourrait nuire à cette qualité résidentielle. Il y a donc dans cette « cordiale ignorance » l’intégration du risque du conflit dans la manière de gérer l’échange, le comportement social. Trop en dire, c’est risquer le conflit, ne pas assez en dire, c’est risquer la totale ignorance, l’isolement, ce qui n’est pas non plus ce qu’on cherche. La discrétion, qui indique la retenue (ici volontaire) dans un objectif de préservation du calme par l’absence de conflits, n’impose par conséquent aucune norme d’échange, si ce n’est l’engagement minimal de la considération due à l’autre, mais un autre tenu à distance. Il faut alors bien comprendre la valeur du « bonjour-bonsoir », du simple salut de la main. Loin de la pauvreté navrante qu’on voudrait souvent leur attribuer, ces gestes doivent être considérés pour ce qu’ils sont et signifient : la reconnaissance de la présence d’autrui et la création d’un lien entre les deux parties. C’est la fonction phatique de la communication, comme peuvent la définir les linguistes, qui sert à établir le contact et qui concerne un type de conversation qui compte pour le lien créé entre l’interlocuteur et le récepteur11. Le contenu de l’échange importe peu, l’important est de signifier qu’on veut créer un lien, qu’on accepte d’être lié à l’autre : ici, par le voisinage.

Les sociabilités discrètes de ces relations de voisinage font peut-être écho à ce qui se joue dans les sociabilités publiques des espaces publics. L’étrangeté mutuelle12, le frottement apaisé sont les modalités de coprésence des publics différents sur un même espace qu’ils partagent sans le partager, c’est-à-dire que ce sont des comportements à la fois distants et en même temps intégrant l’autre (on ne se bouscule pas, on ne crie pas, on n’adopte pas d’attitude gênant les autres). C’est la civilité ordinaire qui fait que les espaces urbains réussissent à faire coexister des gens différents sans déclencher de problèmes particuliers, qui repose sur cette capacité d’auto - régulation des usagers (harmoniser, concilier son comportement avec celui de l’autre) qui ont intégré que l’espace public appartient à tout le monde et à personne en particulier. Les sociabilités discrètes des résidents s’inscrivent dans ces mécanismes sociaux et ressortissent aux mêmes comportements d’autorégulation. De la même manière, les résidents ont intégré que les espaces communs appartiennent à tous les résidents comme à aucun en particulier. Cependant, on pourrait ajouter que la légèreté des sociabilités discrètes résonne avec une question qui taraude l’esprit des sociologues aujourd’hui : les sociabilités ont-elles encore lieu dans des espaces ? Les réseaux sociaux, les nouvelles technologies, le numérique ne signent-ils pas la virtualité des sociabilités actuelles ? Est-ce la fin de la spatialité des sociabilités ?

Le retrait producteur de familiarité

La vie urbaine, comme l’ont montré les travaux de sociologie urbaine de l’entre-deux-guerres sur les villes américaines et l’installation des nouveaux migrants européens, a généré un désengagement de l’individu des réseaux familiaux et amicaux et en quelque sorte une perte des repères et des normes traditionnels (l’anomie au sens de Durkheim). Ces processus ont conduit au déclin de la vie communautaire, à des formes de désintégration sociale aboutissant dans certains cas à certaines formes de déviances13. Mais surtout, ils ont conduit à une dégradation de la confiance sociale. À l’heure métropolitaine, où la mise en mobilité des modes de vie conduit tout un chacun à multiplier et changer ses territoires de vie, ne nous retrouvons-nous pas dans des conditions rappelant les analyses sociologiques de cette étape de l’histoire des villes américaines ?

On pourrait ainsi dire que l’adhésion au principe et au fonctionnement de la territorialité, le goût d’être « seul mais non isolé » et la pratique des sociabilités discrètes visent à réinstaurer une forme de confiance sociale. Car, comme le dit Simmel : « Toutes les relations entre les hommes reposent, cela va de soi, sur le fait qu’ils savent des choses les uns sur les autres14. »

Ce savoir réciproque est pour lui [Simmel] la condition de toutes relations entre individus, savoir à qui l’on a affaire est la première condition pour avoir affaire à quelqu’un. Il suit de cela que selon la nature des relations que les individus établissent entre eux, le degré de connaissance varie15.

Cette confiance sociale équivaut à une familiarité entre les parties prenantes. C’est le cas à l’échelle de ces résidences enclavées, à la différence d’un habitat hors résidence. L’analyse des sociabilités privées dans le cadre du voisinage, réalisée par Perla Serfaty-Garzon en 1989, montre, en ce sens, le remplacement des sociabilités spontanées (rencontres non organisées à l’avance) par des sociabilités sélectives visant à protéger l’espace domestique de l’intimité. « Ma maison est ouverte », disent les habitants, mais elle est en fait ouverte surtout sur elle-même, tant ils hésitent à l’ouvrir au monde extérieur. L’hospitalité se réduit à des relations choisies, qui sont donc à la source de la familiarité des relations sociales dans la résidence16.

Les morphologies enclavées facilitent les sociabilités familières en ceci qu’elles proposent des espaces intermédiaires entre espace domestique et espace extérieur qui conduisent à restreindre le contenu de l’hospitalité. Le principe de territorialisation sur lequel elles fonctionnent entraîne un partage de l’espace proche du logement dédié aux seuls autres résidents du lieu. Les impasses, boucles et raquettes ne sont pas des lieux de passage, il n’y pénètre que des individus au motif identifié et défini par la fonction résidentielle : les habitants, mais aussi leurs invités, les professionnels à leur service, artisans, livreurs, facteurs, etc. La configuration spatiale de l’enclavement génère en elle-même ce tissu social composé exclusivement de familiers ou bien d’ayants droit, qui conduit à l’absence de sociabilités publiques de fait. Cette familiarité dans les relations sociales porte non seulement, comme on l’a vu précédemment, à un sentiment de responsabilité et d’investissement dans le destin de la résidence à travers les modalités de gestion collective, mais aussi à un sentiment d’appartenance à la résidence. On fait partie d’un ensemble, on constitue un petit groupe social résidentiel. Guénola Capron et Bruno Sabatier parlent alors d’un « être-ensemble résidentiel17 ». En analysant l’interaction entre la forme des lotissements fermés et les pratiques sociales qui s’y jouent, ils montrent comment la fermeture résidentielle implique des microconfigurations (le regroupement des boîtes aux lettres à l’entrée par exemple) qui génèrent de l’interconnaissance, et produit de la familiarité.

Le retrait, à des degrés divers, produit une sociabilité privée capable de générer de la familiarité et de la confiance sociale. Les sociabilités y sont discrètes mais aussi familières. Et cela convient bien aux aspirations modernes de l’individu : le collectif discret, en fonctionnant sur le principe de l’engagement minimal, ne pèse pas sur l’individu ; le collectif familier, ensuite, va lui fournir le sentiment d’appartenance nécessaire à son équilibre lui signifiant qu’il est « seul mais sans être isolé ».

  • *.

    Ce texte est extrait du livre le Retrait résidentiel, qui paraîtra le 20 mars 2013 aux Puf. Céline Loudier-Malgouyres est urbaniste. Elle a longtemps travaillé en agence d’urbanisme et exerce aujourd’hui comme consultante

  • 1.

    Cité dans Henri Raymond, Nicole Haumont, Marie-Geneviève Dezès, Antoine Haumont, l’Habitat pavillonnaire, Paris, L’Harmattan, coll. « Habitat et sociétés », 2001, p. 16.

  • 2.

    Perla Serfaty-Garzon, « Le chez-soi : habitat et intimité », dans Marion Segaud, Jacques Brun, Jean-Claude Driant (sous la dir. de), Dictionnaire critique de l’habitat et du logement, Paris, Armand Colin, 2003.

  • 3.

    Ibid.

  • 4.

    Nicole Haumont, les Pavillonnaires. Étude psychosociologique d’un mode d’habitat, Paris, L’Harmattan, coll. « Habitat et sociétés », 2001.

  • 5.

    N. Haumont, les Pavillonnaires…, op. cit., p. 44.

  • 6.

    P. Serfaty-Garzon, « Le chez-soi : habitat et intimité », art. cité.

  • 7.

    Voir Oscar Newman, Defensible Space. Crime Prevention Trough Urban Design, Londres, Macmillan Pub Co., 1973 et, du même auteur, Creating Defensible Space, Washington, US Department of Housing and Urban Development, 1996.

  • 8.

    Voir Céline Loudier-Malgouyres, l’Enclavement et la fermeture des ensembles d’habitat individuel. Première approche à partir des aspects morphologiques en Île-de-France, Paris, Institut d’aménagement et d’urbanisme de la région Île-deFrance (Iau-Idf), 2010.

  • 9.

    Le président a fait adhérer l’Asl à l’Association nationale de la copropriété et des copropriétaires (Ancc) pour bénéficier d’une aide juridique, de formations, de conseils et d’assurance. C’est grâce à l’aide de cette structure qu’il a élaboré ces stratégies de gestion collective et mis en place les modalités concrètes (chèques emploi service, assurance…).

  • 10.

    Éric Charmes, la Vie périurbaine face à la menace des gated communities, Paris, L’Harmattan, 2005, p. 58.

  • 11.

    Voir le « schéma de Jakobson », représentant les différentes fonctions du langage, dont la fonction phatique, qui vise la mise en place et le maintien de la communication.

  • 12.

    Voir Louis Quéré, « L’étrangeté mutuelle des passants. Le mode de coexistence du public urbain », Les Annales de la recherche urbaine, 1992, no 57-58.

  • 13.

    Les sociologues ont montré pour la première fois les dysfonctionnements sociaux liés pour partie aux processus d’urbanisation (déracinement par exode rural à l’époque, isolement du nouvel immigré dans la grande ville industrielle, etc.).

  • 14.

    Georg Simmel, Secret et sociétés secrètes, Strasbourg, Circé, 1991, cité dans André Tiran, « Confiance sociale et confiance primordiale en partant de Georg Simmel », dans Philippe Bernoux et Jean-Michel Servet (sous la dir. de), la Construction sociale de la confiance, Paris, Montchrestien, Association d’économie financière, 1997, p. 7.

  • 15.

    A. Tiran, « Confiance sociale et confiance primordiale en partant de Georg Simmel », art. cité.

  • 16.

    L’auteur parle ainsi de confiance sociale minimale. Voir Perla Serfaty-Garzon et Montagna Condello, « Demeure et altérité : mise à distance et proximité de l’autre », Architecture et comportement, 1989, vol. 5, no 2, p. 161-173.

  • 17.

    Guénola Capron (mandataire), « La notion de confort dans les lotissements de classes moyennes et supérieures », Lisst-Cieu, Umr 5192, novembre 2009. Rapport réalisé dans le cadre du programme de recherche Plan urbanisme construction architecture (Puca), « Territoires urbains et sûreté », 2007-2010.